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Le journal d'un sculpteur

Eléments de création : des réflexions, de l'observation et du vécu.

Nouvelle peau de mon site Internet

Mon site Internet a changé d’aspect. J’espère qu’il remplira son rôle de vitrine de mon oeuvre.

Je reprends bientôt mon journal.

Visitez mon nouveau site Internet : http://www.art-france.fr/Nouveau site Gérard Lartigue

Article mis en avant

J’expose tout le mois de juin à la Galerie de l’Echarpe, à Toulouse

Exposition à Toulouse

 

 

Le Marathon des mots, qui met cette année à l’honneur des artistes et écrivains du Golfe du Mexique et des Caraïbes, nous a incités à réaliser une exposition des bustes d’Octavio Paz (j’ai écrit un article qu’on peut lire en cliquant ici)  et de Carlos Fuentes, écrivain et essayiste dont le roman La Plus Limpide Région m’a marqué par sa vision critique et incisive de la société mexicaine. Il a fondé la Revue mexicaine de littérature en 1955, avec la collaboration d’Octavio Paz.

Quand j’avais réalisé le buste de Fuentes, mon intention était de lui faire parvenir une image de son portrait en terre cuite, mais le jour de la cuisson, pendant que le buste était dans le four, l’écrivain est décédé (2012). Cette « coïncidence » m’avait bien frappé. Je suggère la lecture d’une nouvelle que j’ai lue plusieurs fois et qui me semble représentative d’un univers parallèle, dit « magique » souvent présent dans la littérature de l’Amérique Latine: Aura.

 

 

 

Notre chienne nous a accompagnés à l’installation des deux bustes à Toulouse :

 

 

Nous tenons à remercier Christian Thorel, directeur de la librairie, ainsi qu’Hélène Cardona, pour l’accueil toujours enthousiaste qu’ils réservent à nos bustes d’écrivains.

Les deux bustes sont exposés dans la partie d’Ombres Blanches consacrée aux débats, rue Mirepoix.

Réponse à une enquête sur l’art

La revue AREA (vous pouvez cliquer sur ce lien) a lancé une enquête aux artistes. Elle est déjà publiée (numéro 32).

Voici ma réponse :

 

1. En choisissant d’être artiste, j’ai renoncé au confort, à la vie facile, aux trajets bien tracés, au vide spirituel. Je me suis donc engagé à découvrir les zones d’ombre de notre société et à les imprimer dans la matière. Cela impliquait un renoncement total à la forme de vie que je menais. L’art est, comme tout le monde le sait, exigeant. C’est une forme de vie, pas une activité. Ceux qui décident de créer ont du mal à garder une autre activité. 

2. Pour réussir à entrer dans le monde artistique, il est indispensable que l’artiste s’engage pleinement dans un chemin d’honnêteté avec lui-même. L’artiste vit immergé dans son univers. Il ne peut pas faire de compromis avec le quotidien, avec les questions pratiques, utilitaires. Si son engagement avec le monde de l’art n’est pas total, son œuvre risque d’être fausse. 

3. L’art ne peut être au service de rien. L’essence de l’art est une liberté totale. Liberté entendue comme « faire ce que l’on doit faire ». Cela ne veut pas dire que l’art ne puisse pas servir une cause, ce qui arrive souvent, mais il ne doit pas être au service de la cause. 

Une cause externe peut influencer mon expression artistique. Un artiste est une espèce d’antenne qui perçoit son époque avec une sensibilité accrue ; les causes importantes seront toujours une source d’inspiration. Actuellement l’art subit souvent l’influence de ce vide de valeurs et de manque de sens qui nous entoure. Une belle cause est celle de lutter pour un retour à l’esprit critique, aux Lumières.

Prix Nobel de littérature 1990

Depuis des décennies je voulais faire son portrait. L’œuvre qui a déclenché mon intérêt pour cet écrivain, c’est Le Labyrinthe de la solitude, un essai qui analyse la société mexicaine des années 1950. Octavio Paz s’est toujours opposé à toute forme de violence, au point d’abandonner son poste d’ambassadeur en Inde pour protester en 1968 contre son propre gouvernement quand celui-ci avait ordonné une répression violente des étudiants (le nombre de morts n’a jamais été élucidé) lors des Jeux olympiques au Mexique. Dans sa lutte contre la violence, Paz avait aussi soutenu les Républicains pendant la Guerre civile espagnole. Il avait pris la défense d’auteurs comme Alexandre Soljenitsyne et critiqué les activités des sandinistes au Nicaragua et des castristes à Cuba. On devine sur son visage un esprit indépendant, difficile à étiqueter.

Il vit plusieurs années en France comme diplomate après 1946 et y revient en 1959. Marié en deuxième noces à une Française, Marie-José Tramini, il lui consacre quelques-uns de ses meilleurs poèmes.

C’est fait, j’ai fait son buste en argile. Peut-être sera-t-il un jour coulé en bronze (ma dernière obsession, c’est de tout transformer en bronze…). Il ne me reste qu’à découvrir sa poésie.

 

Après… il n’y a pas d’après. J’avance, je fends de grandes roches d’années, masses de lumière compacte, je descends des galeries de mines de sable, je perce des couloirs qui se referment comme des lèvres de granit. Et je retourne à la plaine, la plaine où il est toujours midi, où un soleil identique tombe fixement sur un paysage figé. Et n’en finissent pas de tomber les douze heures, ni de bourdonner les mouches ni de s’étoiler en éclats cette minute qui ne passe pas, qui seulement brûle et ne passe pas.

Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éditions Gallimard, coll. poésie, 1966 (isbn 2-07-031789-7), partie II. aigle ou soleil ? (1949-1950), aigle ou soleil ? plaine, p. 88 – liberté sur parole, 1929 – Octavio Paz

Se libérer des limites du format

 

sculpture à travailler avec du plâtre

Quand une sculpture n’entre pas dans le four, il me faut la casser en morceaux et la reconstruire une fois cuite, avec du plâtre. Je dois me rappeler cela quand je me surprends en train de m’auto-limiter par rapport à la taille de l’œuvre.

C’est ce que j’ai fait avec cette jeune femme au portable (elle aura un téléphone dans la main droite). La terre cuite et le plâtre se marient bien. La porosité de la terre cuite permet au plâtre de bien s’accrocher. Une structure constituée de fil de fer (grillage à poules par exemple),  rend le plâtre très résistant. Je garderai l’aspect cassé dans la reconstruction. Il y a des ombres intéressantes.

Rodin a trouvé une grande liberté dans sa recherche esthétique quand il a commencé à travailler avec des morceaux de sculpture en les utilisant en guise de pièces détachées. Il s’en fichait si les dimensions ne correspondaient pas. Une tête de Camille Claudel, par exemple, est caressée par une main immense, surdimensionnée (cliquez ici pour voir cette sculpture)

Inondation à l’atelier

Une prise de vue du bas vers le haut. La position des acrobates semble réelle. La sculpture prend une dimension importante. Elle est pourtant toute petite. Il s’agit d’une maquette. Isis regarde sa maîtresse en attendant le déclic de l’appareil photo. On dirait qu’elle observe l’acrobate, la jeune femme légère et gracieuse, au-dessus de son homme, mais elle regarde l’objectif.

L’eau est partout dans le hangar. Tout est prévu pour éviter les dégâts des eaux. Les sculptures stockées dans cette partie de l’atelier ne risquent rien. Les socles sont hissés sur des briques, les tables touchent l’eau seulement de leurs pieds métalliques. Les câbles sont débranchés. Dans cette ambiance d’apparente catastrophe, les acrobates semblent plus aériens. Ils touchent à peine le sol. L’eau peut monter.

 

 

J’expose tout le mois de juin à la Galerie de l’Echarpe, à Toulouse

Sculpture marbre - Lartigue.png

Exposition du mardi 30 mai au samedi 1 juillet 2017 

Ouverture de la galerie de 14h à 19h du mardi au samedi

Un nu féminin, « Femme blottie », en marbre, et une jeune femme aux yeux rêveurs, « Marianne » (pour voir les photos du modèle pour ce buste, cliquez ici), seront exposés avec deux portraits déjà présentés dans d’autres expositions, ceux de Rodin d’Alina, jeune femme en terre noire.

Nous sommes allés en ville ! Il fallait apporter les sculptures à la galerie. Nous sommes sortis de notre paradis pour affronter le mouvement rapide des citadins. Ils étaient tous habillés en mode été, malgré le ciel gris. La dernière fois qu’on les avait vus, ils étaient bien couverts, comme nous, d’ailleurs, car il faisait froid. L’été est arrivé sans prévenir. Il a sauté le printemps. Ou l’hiver s’est éternisé, je ne sais pas.

Nous voulions profiter de notre sortie pour nous promener un moment dans la Ville rose, mais la Poétesse devait écrire des poèmes en urgence et moi un article sur l’exposition pour y inviter tous nos amis (juste pour les inviter, sans vouloir les obliger à y aller. C’est exclusivement le plaisir de partager la nouvelle avec eux). Nous sommes donc rentrés. Nous avons bien fait. Notre louve avait chaud et faim dans la voiture. Un délicieux repas nous attendait dans le frigo. Nous avons ouvert un pinot noir (cadeau d’un proche, un autre GG 😉 ) et à 18h nous avons déjeuné. Un cigare, et une fois l’article fini, je prends ma massette… une sculpture m’attend.

Pour regarder les photos du buste de Rodin et d’Alina, cliquez ici :

Alina

Rodin

Deux bustes sont toujours exposés à Ombres Blanches, ceux de Bernard Maris et de Marie N’Diaye (pour lire l’article, cliquez ici).

Un petit cahier de dessin

La Poétesse lui fait une tresse. Elle se regarde dans la glace. Je la dessine une cigarette à la main. Des lignes d’abord chaotiques prennent petit à petit un rythme, un sens. Les doigts fonctionnent comme des capteurs d’une certaine électricité dans l’air. Une photo fige la lumière d’un instant ; un dessin imprime les mouvements de la lumière, du modèle, de la tension variable dans un laps de temps. Je ferme le petit cahier, son cadeau (pour mon dernier anniversaire).

Nos voisins de la briqueterie

Ils arrivent dans une petite voiture rouge avec leur chien. L’homme est un géant et sa compagne, une petite et délicate jeune femme pleine d’énergie. Ils se disputent, se réconcilient, ils dansent, ils se bagarrent, ils font l’amour. Tout cela sans qu’il ne dise pas un seul mot et elle, quand elle s’énerve, sort tout un monologue en finnois. A un moment donné, l’homme lève la voiture à la force des bras pour que sa femme puisse retirer le pot d’échappement, un tuyau long de plus de quatre mètres (on s’étonne que ce tuyau sorte d’une si petite voiture, une vieille Simca 1000), qui servira pour qu’elle monte plusieurs mètres au-dessus de la tête de son homme. Il place le bout du pot d’échappement sur son front pendant qu’elle fait des acrobaties à l’autre bout du tuyau tout près du plafond du chapiteau. Deux acrobates de haut niveau, beaucoup d’humour et de poésie, un vrai chapiteau, le danger, la beauté, tout cela fait partie du cirque Aïtal.

Ma sœur, la Poétesse et moi sommes partis de Muret le matin. Un pique-nique sur une aire d’autoroute. L’arrivée à Hossegor : le port, les bateaux, la forêt au bord de la mer, et déjà des touristes partout. Nous rendons visite à ma tante Thérèse, une dame de près de 90 ans très gentille, élégante et discrète. Toute la famille l’a toujours appelée « Poupette », tellement elle est fine et petite. On ne s’était pas vu depuis des années. Après nous être mis au courant de tous les changements familiaux, nous repartons.

On se promène et on tombe dans un parc d’arbres de liège ! Des chênes, m’apprend la Poétesse. Je ressens une envie étrange de me jeter contre les troncs, tellement  l’écorce de liège est épaisse, tiède et élastique. Je pense à la quantité de bouchons de vin que chaque arbre pourrait produire.

Après avoir pris une bière dans la zone touristique (tout est touristique), nous partons à Saint-Jean-de-Luz pour assister au spectacle du cirque Aïtal, le soir. On voit de loin le chapiteau et les camions qui sont d’habitude garés, entre leurs périodes de spectacles, dans le hangar où se trouve notre atelier.

Je me rends compte que j’ai oublié mon cahier de dessin. Leurs positions acrobatiques sont idéales pour faire des esquisses. Je retiens en mémoire celle où elle tourne dans les airs, lancée par son homme pour atterrir sur lui la tête en bas. Elle lâche une de ses mains et avec l’autre comme seul appui elle pose tout son poids sur le front de son compagnon, en écartant les jambes horizontalement bien droites.

De retour à l’atelier, je décide de faire une structure en fil de fer et de réaliser cette position en plâtre.

 

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