Vidéo de la réalisation du monument en hommage à Jean d’Ormesson

Nous remercions encore une fois toutes les personnes qui ont participé à la réalisation de ce projet (voici le lien vers l’article où je parle de tous ceux qui ont participé au projet) et à Héloïse et Françoise d’Ormesson, fille et épouse de l’écrivain, qui avec leur présence ont donné une signification spéciale au dévoilement de l’œuvre. C’était un moment émouvant, intense.

N’hésitez pas à partager la vidéo ! Merci.

Article mis en avant

Inauguration à Mons, Belgique, du monument en hommage à Jacques Franeau

Comme promis, voici la vidéo pour partager avec vous tous un moment important de notre vie. Cet homme, un grand vulgarisateur de la science, humaniste et progressiste, a ouvert la porte de l’université de Mons à tous ceux qui n’auraient eu autrement accès à l’éducation supérieure. L’ancien Premier ministre de la Belgique, Elio Di Rupio, a fait partie de ceux-là. Si vous écoutez son discours, vous remarquerez une émotion sincère et une admiration sans faille envers le grand-père de notre ami Gaspard Franeau.

Comme pour tous nos projets en bronze, nous remercions spécialement Nicolas Parc, gérant de la Fonderie de Bronze Lauragaise et son équipe : Clarisse, Frédéric, Joffrey, Claude, Stéphane et Clément.

Pour le socle en granite du Sidobre, un grand merci à M. Chabbert, avec qui nous avons pu développer l’idée souhaitée par le commanditaire : une base qui sort de la terre en forme brute, rugueuse, pour petit à petit atteindre le degré de poli parfait qui représente l’évolution que l’homme impose à la matière.

Pendant ces deux ans du projet, une belle amitié est née avec Gaspard Franeau, qui s’est investi à fond dans cet hommage à son grand-père. Nous espérons avoir bien capté l’essence de ce grand homme.

Dans une époque où l’obscurantisme nous envahit subrepticement, parfois violemment, il est temps de chercher dans les paroles de tous ceux qui se sont battus pour l’ouverture d’esprit, une nouvelle sagesse qui nous sauvera.

 

Nous sommes arrivés les premiers au cloître des Jacobins où le concert de piano allait avoir lieu, ce qui a amené les nombreuses hôtesses à nous recevoir avec des hourras et des applaudissements. Etrange réception, mais sympathique.

Le soir tombait. Une lumière rose illuminait la ville (… rose, bien sûr) et l’ombre projetée par l’immense l’église sur le cloître se diluait dans l’obscurité. Le pianiste est arrivé, il a traversé un public nombreux. D’abord, Couperin. Les notes nerveuses émanaient du fond de la petite chapelle ouverte sur le jardin carré où nous étions très bien installés, la Poétesse et moi.

J’ai fermé les yeux. Un vent léger s’est mis à nous caresser au rythme mélancolique des Ombres Errantes. Il annonçait une tempête prévue par la météo, mais elle n’est jamais arrivée.

Nous étions coupés du monde dans ce beau cloître dans la pénombre. Les néons violets discrets créaient une atmosphère de rêve. L’écho provoqué par l’architecture de cet espace rendait la musique plus fluide, presque religieuse dans le vrai sens du mot. Les notes rapides conçues pour le clavecin devenaient une espèce de petite pluie très agréable. Puis, Beethoven, magnifiquement bien joué. Je ne connaissais pas la sonate n° 30. Près de la fin, la complexité et la rapidité des notes devenaient une vraie cascade, ponctuée par des notes isolées très claires et fortes à un rythme bien plus lent, élaborant deux réseaux différents superposés… magique. La pièce achevée, les mains d’Alexandre Tharaud restent suspendues un moment dans l’air, immobiles. Le public n’ose pas applaudir avant qu’il les retire doucement du piano.

Une belle expérience musicale. Merci à mes élèves de sculpture pour ce cadeau !

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Rythme accéléré

Nous croyions que notre activité allait se calmer au retour de ce beau voyage en Belgique, qu’après l’inauguration du monument de Jacques Franeau (dont je n’ai pas eu le temps de parler) on allait retrouver un moment de tranquillité.

Au contraire, tout s’accélère. D’une part, plusieurs projets, dont je parlerai dans d’autres articles, prennent forme ces jours-ci, d’autre part, les bustes des aviateurs de l’Aéropostale pour le Musée de Montaudran à Toulouse doivent être terminés bientôt, le buste en pierre de Simone Veil pour le Salon des maires est à peine à l’étape d’ébauche et il ne reste que deux mois pour qu’il soit présenté… Et notre galerie virtuelle Kazoart est très active, ce qui implique une accélération de la création d’œuvres. Hier Méfiance a été vendue (pour la voir, cliquez sur ce lien).

Il sera difficile de se détacher de cette sculpture en pierre qui n’a même pas été exposée dans un espace non virtuel, et qui part déjà. C’est une œuvre majeure qui part dans les mains d’un collectionneur dont nous n’avons pas encore les coordonnées. C’est étrange de ne pas savoir dans quel coin du pays elle va trouver son nouveau foyer. C’est flatteur d’un côté puisque l’acheteur l’acquiert en se basant exclusivement sur l’œuvre, sans connaissance particulière de l’auteur, ni de l’ambiance de l’atelier ni d’autres facteurs qui peuvent influer sur l’intérêt qu’un collectionneur porte à notre vie d’artistes. Donc flatteur d’un côté, mais aussi un arrachement total, car pour l’instant il n’y a aucun lien avec ce collectionneur. D’autres sculptures partent chez des personnes qui suivent depuis longtemps nos activités artistiques et la possibilité de les revoir, et même de les exposer à nouveau, existe.

Tout cela en même temps que ma sœur cadette s’installe avec sa famille à Muret. La fratrie des trois Lartigue dans la même ville ! Cela n’arrivait plus depuis qu’on s’est éloignés dans trois coins du monde, par moments dans trois continents différents, il y a plus d’un quart de siècle. Pas seulement dans la même ville, mais aussi dans la même rue !

Une belle année s’annonce.

sculpture visage pierre tavel - Lartigue

A la veille de l’inauguration du monument Jacques Franeau

Nous avons traversé la France du sud au nord pour arriver à une magnifique ville en Belgique : Mons. La beauté de sa place centrale, de ses rues étroites sinueuses aux maisons en brique très variées et riches en textures, l’ambiance d’une ville universitaire, les constructions imposantes qui dénotent la puissance d’une autre époque, et la quantité surprenante de sculptures urbaines, tout cela nous a surpris agréablement.

La tension pendant tout le trajet était évidente. Nous portions dans la fourgonnette le fameux socle en granite du Sidobre de 750 kilos. Cela imposait une conduite stable et douce. C’était la dernière ligne droite d’un long projet de deux ans. Bon, ligne droite est une façon de parler : un accident sur l’autoroute nous a obligés à prendre de petites routes pendant un bon moment, avec leurs virages, dos d’âne, villages à traverser… Mais tout s’est bien passé. Nous n’avions pas droit à l’erreur à ce stade de l’aventure.

Nous avons été très bien reçus. La responsabilité que la réalisation de ce projet signifiait a été bien récompensée : en échange d’une ouverture à d’autres dimensions du temps – c’est ce que l’art permet – nous avons reçu des gestes d’amitié sincères.

A demain pour le récit de l’inauguration.

Monument à Mons (Belgique) en l’honneur de Jacques Franeau

Invitation Jacques Franeau A5 projet A V4-1 Sculpteur Lartigue

Deux ans après notre premier contact avec Gaspard Franeau, le petit-fils de Jacques Franeau, homme de sciences, l’inauguration du monument en son honneur aura lieu à Mons, Belgique.

Nous partons bientôt pour une nouvelle aventure. Nos bagages : 750 kilos de granite du Sidobre (pour un socle spécial) et quelques dizaines de kilos de bronze pour le buste, coulé par la Fonderie de Bronze Lauragaise.

Ce projet a permis la naissance d’une amitié avec Gaspard Franeau et la découverte de l’univers scientifique de son grand-père, qui donnait une importance immense à la divulgation de son savoir.

Ce qui constitue la base d’une œuvre de cette envergure est la représentation de la personnalité de l’homme, que l’on perçoit chargée d’un poids historique. On devine dans son regard la conscience du caractère intemporel de l’image qu’il renvoie. C’est cela que le sculpteur doit imprimer dans la matière.

Rendez-vous dans moins de deux semaines pour les photos de l’œuvre et de l’inauguration.

« La science n’est en soi ni un bien ni un mal et n’a de sens que parce qu’elle est la source de connaissances objectives à la disposition des hommes.
C’est à eux de s’en servir pour le bien de tous. »
Jacques Franeau 

Méfiance (vidéo)

Tailler la pierre implique toujours un risque élevé : la moindre erreur de coup de ciseau peut ruiner l’œuvre.

Pour regarder la VIDEO, cliquez ici.  

La forme légèrement évasée de l’oeuvre rappelle un chapiteau. Elle pourrait donc être placée en haut d’une colonne (ou dans une niche…). La pierre de Tavel est l’une des plus belles de France. Elle est appréciée dans le monde entier. De sa main gauche une jeune femme s’arrache à la pierre. Son regard restera immortalisé, avec une expression de méfiance, de scepticisme, consciente de sa beauté.

sculpture visage pierre tavel - Lartigue.png

Encore un corps libéré

Plus de 400 millions d’années, nous dit le site de la carrière de pierre de Tavel, c’est l’âge de ce marbre si beau. Un corps de femme se libère. Elle sort de la pierre où elle était emprisonnée. Elle a dû attendre tout ce temps pour qu’un jour un sculpteur enlève les couches de pierre qui la recouvraient.

J’ai déjà parlé de cette idée de la forme qui se trouve à l’intérieur d’une pierre, idée exprimée par Michel Ange, parmi d’autres, qui ont eu la même sensation : on enlève petit à petit des morceaux à la meuleuse, d’abord, puis au marteau piqueur et aux ciseaux à la fin, et tout à coup, on ressent une sensation d’arriver à la surface « réelle » d’une forme qui se trouve à l’intérieur. Je parle souvent de cet instant parce qu’il est très frappant (c’est le cas de le dire) : on a le sentiment précis de ne plus pouvoir frapper sans blesser le corps qui se trouve là. Il faut le dégager en faisant très attention de ne plus dépasser le niveau de sa peau.

Quand j’avais lu des phrases similaires sur ce moment-là, j’avais cru qu’il s’agissait d’une métaphore pour donner une aura de magie à l’activité du sculpteur, la sensation existe bel et bien. Il ne s’agit pas d’une simple image cérébrale ; il y a vraiment une création antérieure à l’intérieur de la matière. Antérieure parce que notre esprit la fabrique avant nos mains. Nos mains libèrent ce que l’esprit à déjà créé. C’est peut-être de là que cette sensation d’un être caché dans la pierre est née.

Pour voir une petite vidéo de la sculpture, cliquez ici.

 

Une pensée pour Nelson Mandela

Aujourd’hui il fêterait ses 100 ans.

Il y a plus d’un an, j’ai écrit un petit article sur le buste que j’ai réalisé de lui. Je décris mon interprétation de ses traits, un mélange de sérénité et de volonté. Cet homme s’est battu pour la justice. Il a changé le monde malgré les obstacles qui continuent à empêcher une égalité des droits entre les êtres humains.  (cliquez ici pour lire mon article précédant)

Pour lire une lettre qu’il a écrit à sa fille de douze ans lorsqu’il était en prison, cliquez sur le lien : des lettres 

Baby blues

Finalement, un moment de tranquillité. La date butoir de l’inauguration du monument de Jean d’Ormesson nous a mis dans une intense course contre la montre. Deux bustes en processus attendaient. Cette semaine, j’ai réussi à bien les avancer. Deux visages bien différents : un homme âgé aux traits qui ressemblent à ceux de Viggo Mortensen, bien marqués, avec un regard à la fois distant et intense ; et un adolescent au visage très régulier, à l’allure de statue grecque. Une fois livrées, j’en publierai des images.

J’ai trouvé le temps pour m’attaquer à la pierre, ce dont j’avais besoin depuis un moment. J’ai presque fini un corps blotti d’une femme, légèrement abstrait. Une espèce de paysage minéral. Le marbre de Saint-Béat est blanc avec des tonalités grises. Longueur : 63 cm.torse couché femme marbre de st béat - Lartigue

Voici une tête de Bouddha, un bébé Bouddha. Ou s’agit-il d’un extraterrestre ?  🙂

Il est sculpté dans un marbre rose du Portugal. On voit derrière un bras qui est sculpté dans une pierre de Lussan-VerfeuilLe bras mesure 39 cm de hauteur.

– Tu crois que nous aurons le « baby blues » (une espèce de dépression après une naissance) à la fin de l’inauguration ? demandé-je à la Poétesse.

-Nous avons tellement de choses à faire, que je ne le pense pas, me rassure-t-elle.

Je me souviens de mon époque de peintre. Après chaque exposition de mes toiles, après le vacarme du vernissage, quand il fallait ranger les verres vides et vider les cendriers (à l’époque les gens fumaient dans les vernissages), un silence assourdissant me taraudait le cerveau et une sensation de vide absolu m’envahissait. Je restais plusieurs jours enfermé incapable de voir personne et sans envie de bouger. Puis, lentement, je reprenais mes pinceaux.

La sculpture est différente : j’ai constamment une seule envie. Façonner la matière. Peu importe comment, mais il me faut trouver des formes dans l’argile ou la pierre. Pour quoi faire ? Aucune idée, il me le faut, c’est tout. Les inaugurations se suivent sans casser notre rythme. Au contraire, nous retrouvons de l’énergie grâce au public qui attend le dévoilement des œuvres.

 

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