Marianne (vidéo à promouvoir auprès des mairies)

Au moment où les communes cherchent à recréer du lien entre elles et leurs administrés, j’ai pensé que la représentation de cette jeune femme, rebelle et courageuse, qui a donné tellement d’espoir et de force au peuple dans notre Histoire, pourrait trouver sa place dans les mairies de France.

Cette Marianne moderne représente les valeurs de la République. L’expression du modèle est de sérénité, d’assurance, de volonté et en même temps de liberté, d’ouverture, de franchise.

8 exemplaires seulement (tirage artistique). L’œuvre mesure 63 cm. Elle est réalisée en plâtre.

Contact : artiste@art-france.fr     tél – 06 67 16 63 17

Merci de partager cette vidéo si vous le souhaitez.

 

 

Et quelques photos du buste en plâtre :

Article mis en avant

Vidéo (une minute) du buste d’un rugbyman célèbre

Un monsieur fort gentil, au langage franc et sympathique, est venu voir la « maquette ». On appelle maquette la pièce présentée, mais en réalité, si on veut gagner un appel d’offres, il faut faire la sculpture définitive pour convaincre le commanditaire de la qualité de l’œuvre. Il nous a raconté que son village avait déjà commandé deux sculptures de ce rugbyman dans le passé, et que le résultat était bien au-dessous de leurs attentes. Il nous a montré les photos. Effectivement, l’œuvre était terriblement ratée. Deux fois.

Il a été convaincu par le buste que nous lui avons présenté, mais il nous a prévenus qu’il n’était pas le seul à décider. Le budget que la mairie proposait était tellement bas que, une fois la fonderie payée, le bénéfice était dérisoire . Nous avons accepté pour trois raisons : l’œuvre en argile était déjà réalisée, cela signifiait du travail pour la fonderie, et, finalement, le monument se trouverait à un endroit magnifique, face aux Pyrénées, à une étape importante du Tour de France.

Erreur. De toute façon, ils ont voté contre. Ils ont choisi une autre proposition moins chère qui serait réalisée à Bordeaux. Nous avons eu au téléphone le monsieur très sympathique et franc. Il était dépité.

C’est leur troisième sculpture de Robert Paparemborde. Peut-être que cette fois elle sera réussie. On le souhaite, surtout pour ce héros du sport qui mérite une bonne place dans la mémoire collective.

 

C’est le pari des appels d’offres. Un jeu intéressant, parfois truqué, parfois absurde, parfois injuste, souvent intense et passionnant, comme tous les jeux.

Voici la vidéo que nous avons présentée au conseil de cette mairie :

Buste rugbyman par Lartigue

Le Cosmo-chat

Nous avons sauvé le Cosmo-chat, notre chat qui habitait dans l’Espace, de l’écrasement dans un cube de ferraille. C’est une peluche qui servait à tout : à nettoyer le pare-brise de la voiture, comme oreiller pour notre chienne pendant les longs trajets, à faire peur aux voleurs de Renaults, à décorer le tableau de bord, à amortir les mouvements d’une sculpture,  etc.

La courroie de distribution s’est cassée et l’Espace s’est retrouvée à la casse quelques jours plus tard. C’était un bon véhicule pour transporter les sculptures. Il faudra en trouver un autre. Le chat est devenu pour le moment un Chat-cra, car il habite temporairement dans la Micra de la poétesse (qui lui a donné ce nouveau nom ésotérique).

 

sculpture-du-depute-lartigue

Le dimanche à l’atelier

Six heures de sommeil, comme d’habitude, mais de bon sommeil depuis que j’utilise le nouveau masque. Le brouillard met du temps à se lever. Les oiseaux blancs sont toujours sur les branches de l’arbre sur le lac. Isis les observe intriguée. Journée libre pour sculpter du matin au soir. Petit moment de lecture avec ma louve en peluche sur moi.

Je lis la biographie de Paul Vachet. L’auteur est Jack Mary. Nous l’avons rencontré pour parler de l’Aéropostale. Dans un mouvement de gentillesse, il nous a offert le livre. Je plonge de plus en plus dans cette belle époque du début de l’aviation. L’humanité en train de découvrir l’univers des oiseaux. Des voyages en ligne droite. D’en haut les chemins tortueux semblent ridicules. La communication se libère de la géologie.

Le soleil se lève. Je mets Bach pour harmoniser le temps et me mettre au boulot.

Du mouvement des bras à la précision des doigts

Pour réaliser une sculpture de plus d’un mètre de hauteur, on doit constamment s’éloigner pour garder une vision de l’ensemble qui permette une cohérence entre les divers éléments. Il faut travailler avec la force des bras, en exécutant des mouvements vastes, en laissant jouer la magie du hasard. On fait des kilomètres dans les va-et-vient entre la sculpture et les murs de l’atelier.

Hier j’ai travaillé sur un bas-relief de moins de 7 cm. J’ai dû le faire assis, immobile, concentré et bien relaxé. Chaque geste sous la loupe devait déposer moins d’un gramme de matière sur l’œuvre. Les lignes devaient être tracées sans le moindre tremblement. La lumière circulaire de la loupe, que j’ai reçue hier par la poste (merci Joëlle et Gérard !) me permettait d’observer chaque ombre et chaque zone de lumière créées sur ce petit médaillon en argile. L’erreur coûte cher dans la réalisation d’une pièce de cette taille : un faux mouvement peut effacer des heures de travail.

Passer d’une dimension à l’autre nous rappelle que la matière est juste une manifestation de notre volonté profonde. Peu importe si nous sommes bien adroits de nos mains ou pas, ce qui compte est le dressage de cette volonté mené au fil de nos jours sur Terre. 

bas-relief à la loupe - Lartigue

Journée de cadeaux

J’ai reçu deux cadeaux aujourd’hui : un livre, Set in Stone, sur les visages en pierre du Moyen Âge, édité par le Metropolitan Museum of Art (offert par la poétesse pour Noël). J’écrirai un article sur ce livre. Au Moyen Âge on considérait le visage comme le foyer de l’âme. Et, le deuxième cadeau, un livre envoyé d’Allemagne par la maison d’édition Rowohlt Berlin sur Michel Houellebecq (dont l’auteur est Julia Encke). Ils ont intégré dans l’ouvrage une photo du buste de l’écrivain, prise le jour où le feu a fixé les couleurs que j’ai choisies pour ce deuxième bronze avec l’aide de Clarisse (qui réalise toujours très bien la patine de mes pièces à la Fonderie de Bronze Lauragaise).

Livre de Julia Encke sur Houellebecq avec photo du buste réalisé par Lartigue 2

Livre de Julia Encke sur Houellebecq avec photo du buste réalisé par Lartigue

Marianne clonée

J’enlève la « chape » en plâtre gris sans difficulté. Le moment de dévoiler la Marianne clonée en plâtre est arrivé. Il est tôt. J’hésite. C’est un moment important : la nouvelle Marianne va découvrir l’atelier où elle a été créée. Je me décide à enlever le moule en élastomère pour être sûr de faire une surprise positive à la poétesse qui dort encore. La nouvelle sculpture est réussie : elle est fidèle à sa jumelle. La nouvelle matière est lumineuse et fine.

Sur les photos : la Marianne originelle le soir, avant de céder la place au plâtre, et la Marianne en plâtre couchée sur son moule.

Marianne moule élastomèreMarianne en plâtre

Louise Bourgeois

Elle appelle « Maman » son immense araignée en bronze qui trône sur le parvis du Musée Guggenheim de Bilbao. Après 30 ans de psychanalyse, elle déclare : « La vérité c’est que Freud ne fit rien pour les artistes, ou pour le problème des artistes, le tourment des artistes (…) Être artiste implique une forme de souffrance. Voilà pourquoi les artistes se répètent – parce qu’ils n’ont pas accès à un remède ».

Son visage est une agglutination de tensions, de lignes de forces, de courants d’énergie, fluide et perturbante. On devine un caractère intense, difficile, riche… intéressant.

 

buste louise bourgeois - Lartigue 2-2

Étiquettes

Encore une fois, je suis confronté à une nouvelle forme d’étiquetage : depuis que j’ai reçu l’appareil pour respirer, j’entends autour de moi des témoignages, bien intentionnés, sur telle ou telle personne « déjà appareillée ». Je deviens une personne appareillée ! Il est vrai que peut-être je devrai porter toutes les nuits qui me restent de vie mon masque pour respirer, mais cela ne fait pas de moi quelqu’un d’appareillé ! La nuance est dans l’idée qu’on se fait de soi. Je me sens libre, complet, naturel, sain. Après, si c’est mieux d’utiliser l’appareil, je le ferai, mais cet acte ne change pas ma nature.
C’est comme les fumeurs ou pas fumeurs. Est-ce que je suis un fumeur ? Non, je suis quelqu’un qui fume quand je veux. Et si je ne veux pas je ne fume pas. Peut-être la différence se trouve dans la conscience du choix. Je choisis de fumer. Je ne suis pas dépendant de la fumée. Je choisis de mieux respirer, mais je me sens capable de vivre sans mon appareil.
Quand quelqu’un me demandait il y a longtemps : « tu fumes ? » , la question me surprenait parce que je me disais que la personne pouvait bien voir si j’avais ou pas une cigarette à la main. Si à cet instant-là, je ne fumais pas, je répondais : « Non, je ne fume pas ».
Toutes les étiquettes me semblent superflues. Végétarien ? On pourrait dire :  » j’ai décidé de ne pas manger de viande », sans se sentir obligé de se coller une étiquette sur le front. Français ? Pourquoi pas, mais le concept de nationalité est artificiel aussi.
À la limite, je suis artiste. Ma seule étiquette. J’aime bien cette étiquette. Elle est artificielle aussi, mais elle me convient. Artificielle, parce que je pourrais faire un jour de la philosophie ou de la métaphysique ou devenir ermite. Je préfère l’étiquette : humain. Tant que je reste en vie, je peux me définir comme ça : un humain. Après, je serai mort (étiquette définitive). Ou dit d’une autre façon : je ne serai pas. Ni vivant ni mort. Je n’aurai plus d’étiquettes. Ni de « je » .

Aujourd’hui, je suis un mouleur de Mariannes…

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