Installation de l’exposition « Façonneurs de mémoires » à Martres-Tolosane

Une surprise nous attendait au Grand Presbytère. Nous sommes arrivés à Martres-Tolosane dans l’après-midi à un moment où le soleil venait de pointer son nez. La lumière entrait à flots dans l’espace de la future exposition (elle démarre ce samedi 30 et l’inauguration est le dimanche 8 décembre à 16 heures). Nous nous attendions à voir par terre les bustes toujours emballés, prêts à être placés… ils étaient déjà installés ! Ils nous observaient épatés (nous, pas les bustes) par l’harmonie que la disposition des œuvres dégageait dans cette lumière limpide. La muséographie de Séverine Tonello et de Sandrine Schiavon nous a semblé impeccable. Une belle exposition s’annonçait déjà. Evidemment il manquait encore une bonne partie des éléments : dessins, photos, poèmes, textes et d’autres bustes, et apporter quelques petits changements, mais la note de départ était parfaite.

C’était pour nous l’occasion de voir, pour la première fois dans son ensemble, la collection de bustes de résidents réalisée pour l’Ehpad de Saint-Martory en 2016 et 2017. Les souvenirs d’un an et demi de travail épisodique nous ont inondés. Tous les moments forts vécus dans cet établissement, une fois par mois, étaient condensés dans le regard figé pour toujours de chaque visage qui nous « observait » depuis son socle. Un projet spécial arrivait à son point culminant : le partage avec le public de toutes ces expressions riches en expérience de vie.

L’idée de ce projet est née un jour d’été, quand nous faisions une démonstration de sculpture chez Évelyne Hosté, qui ouvrait sa maison et son immense et beau jardin au public, lors d’un parcours de portes ouvertes d’ateliers d’art. Gilles Blandinières, directeur de l’Ehpad Les Genévriers, est resté un moment à m’observer réaliser un buste. Je pense qu’il a senti le lien qui existe entre l’argile et la vie, entre la forme et la présence, entre le temps et la création artistique. Il a eu l’idée de bâtir, dans son établissement, un pont vers l’art. Dans la plupart des Ehpad, les activités proposées tournent autour des loisirs. L’art est pratiquement absent. L’art disparaît de nos écoles, de nos galeries contemporaines (qui se consacrent à « l’art contemporain », qui est plutôt de l’art conceptuel, vieux d’un siècle et de plus en plus dénué de sens) et de nos établissements pour le troisième âge. L’initiative de Gilles Blandinières et de son équipe est essentielle : retrouver un lien avec l’art peut redonner un nouveau sens à notre société .

L’Europe est quand même le continent dans lequel l’art occupe le devant de la scène. L’art fait partie de notre ADN, comme on dit aujourd’hui. Il existe partout, bien sûr, mais les priorités sont différentes sur les autres continents. Si l’Europe attire tellement l’attention du monde entier, c’est en grande partie à cause de l’importance qu’elle attache à sa richesse artistique. Des démarches modestes comme ce projet, répétées un peu partout, peuvent nous aider à retrouver la place que nous occupons dans le monde.

Qui crée le patrimoine de ce début de XXIe siècle ?


Salon International Du Patrimoine Culturel25e édition « Futur en héritage »Du 24 au 27 octobre 2019Carrousel du Louvre, Paris

Porté par Ateliers d’Art de France depuis 2009, le Salon International du Patrimoine Culturel rassemble et fédère l’ensemble des acteurs des métiers du patrimoine. Moment unique d’échanges et de réflexion, le salon accueille plus de 330 exposants et 21 000 visiteurs, grand public comme professionnels, pendant 4 jours au Carrousel du Louvre à Paris.

Le Salon International du Patrimoine Culturel (SIPC) est l’événement de référence qui fédère les professionnels de la valorisation, la restauration et la sauvegarde du patrimoine bâti ou immatériel. Institutions, collectivités locales, associations de sauvegarde du patrimoine, organismes de formation, fournisseurs du patrimoine bâti, ébénistes, orfèvres, tailleurs de pierres, restaurateurs de meubles, ferronniers, peintres d’art… plus de 330 exposants français et étrangers se donnent rendez-vous dans une ambiance chaleureuse au Carrousel du Louvre, lieu prestigieux situé en plein cœur de Paris.(…)

Tarif normal : 11€


www.patrimoineculturel.com

Voilà la présentation du salon auquel nous, sculpteur et écrivaine, allons participer. Comme on peut le constater, le but central de cet événement est la valorisation, la restauration et la sauvegarde du patrimoine. Si le patrimoine peut être défini comme l’ensemble des réalisations, des biens transmis collectivement par les ancêtres, on peut alors se demander qui crée ce qui, à l’avenir, sera considéré comme le patrimoine de notre siècle. 

Nous croyons que le patrimoine culturel dont on s’occupe aujourd’hui a été créé en grande partie par des artistes (ainsi que par des architectes). Cela signifie qu’un salon international du patrimoine culturel tourné vers le futur (le thème du salon cette année est « Le Futur en héritage ») devrait donner une place importante aux créateurs de patrimoine. C’est la raison pour laquelle les organisateurs ont accepté notre présence, alors même quil n’y avait plus de place (nous nous sommes inscrits assez tard). Nous voilà donc les seuls artistes sur le salon.

C’est un problème généralisé de nos sociétés modernes : on oublie souvent que tout ce patrimoine dont nous nous vantons et qui fait notre richesse a été créé à un moment donné. Qui crée le patrimoine de ce début de XXIe siècle ?

De notre côté, nous essayons de créer le patrimoine sculpté de demain, par l’usage de technologies avancées en même temps que de l’héritage du passé. Nous unissons nos deux mondes – le littéraire et les arts visuels – au service de la mémoire.
Gérard Lartigue et Juliette Marne
PS : Si vous souhaitez venir nous rencontrer au salon, n’hésitez pas à nous écrire (très rapidement), nous vous enverrons une invitation (papier) : artiste@art-france.fr

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