Il est cinq heures…

walking-woman-au-portable

« …Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés
Les gens se lèvent, ils sont brimés
C’est l’heure où je vais me coucher

Il est cinq heures
Paris se lève
Il est cinq heures
Je n’ai pas sommeil »

Jacques Dutronc

Muret se lève aussi.

Je n’ai pas sommeil.

J’aime bien cette chanson de Dutronc. On imagine tout un monde qui vit quand nous dormons. A Muret c’est moins agité, mais tout se met en mouvement aussi. La machine se réveille. Les écrans s’allument. Je dois dormir un peu. Dans deux heures je dois préparer l’atelier pour une longue journée de partage.

Je vous laisse une image de la « Walking woman au portable », sculpture que j’ai réalisée il y a plus d’un an. Cette sculpture a bien évolué : elle s’est fissurée de partout, ça me plaît.

Exposition à Martres-Tolosane

Derniers jours de l’exposition au Grand Presbytère : « Martres-Tolosane mise en scène par Meschia et Tardif » .

Sylvian Meschia, célèbre céramiste de la région, a proposé à la mairie de Martres-Tolosane mes services en tant que sculpteur pour la réalisation du buste de Saint Vidian à partir de l’original en bois. L’association qui se charge du patrimoine de la ville a apprécié le résultat. Il est actuellement exposé au Grand Presbytère. Vous y trouverez aussi les bustes gallo-romains que j’ai réalisés en m’inspirant des bustes de la villa romaine de Chiragan. Vous pouvez visiter la page de Sylvian Meschia sur facebook ou celle du Grand Presbytère. Vous aurez un aperçu du beau jardin et de quelques faïences typiques de la ville, en plus de l’installation de Meschia. Le but de l’exposition est de mettre en avant le patrimoine de la région.

Renseignements :

http://www.legrandpresbytere.com/

tel : 05 61 87 64 93

grand.presbytere@mairie-martres-tolosane.fr

Une amie me rend visite

Une amie de l’époque où j’étais peintre me rend visite à mon atelier. On ne s’était pas vus depuis au moins cinq ans, je crois. Je ne suis pas sûr… ma conception du temps est assez défaillante… Elle et son mari, un ami aussi, apprécient ma peinture. Leur maison a une collection importante de mes toiles. Cette fois je lui montre mes oeuvres en trois dimensions et je réalise son portrait en argile.

Etude d’un visage aux yeux légèrement nostalgiques… La différence de la sculpture ou de la peinture sur la photo est ce long moment de pose nécessaire, qui permet à la personne de laisser entrer tout son univers, ses pensées, ses émotions, ses peurs…, tandis que la photo travaille sur l’instant.

Volume intéressant grâce à la masse des cheveux. Mouvement chaotique des mèches en contraste avec une expression contrôlée, douce et sereine.

Série de bustes de Rodin- version IV

Version plus classique du buste de Rodin. Pour bien arriver à une oeuvre déstructurée,originale, qui propose un style personnel, avec un langage différent,  il faut, à mon avis, passer par une compréhension totale de ce qu’on veut représenter. Si on fait par exemple un corps, il faut connaître la structure du squelette, le mouvement des membres, les tensions des muscles, la répartition du poids, les proportions, pour après partir sur une expression personnelle de tout cela une fois maîtrisé.

Et comme je le signalerai souvent dans mes articles, ce qui compte n’est pas de copier la réalité, mais de bien l’observer pour comprendre sa logique, son mystère, ses rythmes ou mélodies, sa cohérence. Une oeuvre comme celle-ci ne cherche pas à copier un visage, mais plutôt à analyser quels volumes, quelles lignes, quelles ombres ou lumières sont nécessaires pour amener dans la matière la forte personnalité de cet homme, l’intensité de son regard, son angoisse de passer à côté de la beauté d’un corps ou d’un visage. C’est la sculpture d’un sculpteur. Un miroir placé dans un temps différent.

Il y aura dix versions différentes dans cette série sur Auguste Rodin.

Si vous voulez comparer avec la version III, cliquez ici :

https://lartiguesculpteur.com/2016/10/17/lautomne-a-latelier/

Giacometti ou la matière torturée

Dans cet hommage à Alberto Giacometti, j’ai essayé de garder le même esprit avec lequel il travaillait ses oeuvres : il s’acharnait sur la matière en l’utilisant comme une substance qui enregistre chaque mouvement de l’artiste. J’ai déjà parlé de cette capacité de l’argile à tout enregistrer, et du danger de lisser ce qui avait témoigné d’un instant important. Chez Giacometti ce sujet est central. Il garde chaque rajout de matière, chaque fente laissée par un couteau, chaque mouvement de l’argile humide qui dégouline ou qui s’aplatit par son propre poids. J’ai voulu montrer aussi la force de son visage pourvu d’une structure lourde et solide. Son regard distant mais intense. Sa bouche sérieuse, entourée de rides qui dénotent une tendance à sourire avec malice.

Buste en bronze. Hauteur : 63 cm

Information codée sur l’argile

L’équilibre est difficile : avancer sans trop défaire les traces fraîches chargées de signification. Ne me demandez pas quelle signification, mais chaque coup d’un outil ou d’un geste de la main sur l’argile est susceptible de refléter un élément inconscient de la personnalité de l’artiste, comme le ferait une signature. Sur une expertise en écriture il y a une quantité importante d’information sur l’auteur d’un texte. L’argile est un matériau qui enregistre de façon très sensible les traces qu’on laisse sur elle. On peut même laisser une empreinte digitale. Bref, le travail de finition est dangereux, il peut enlever des secrets codés dans l’argile…

Quelques retouches de plus, et j’arrête. La patience du modèle est infinie, mais je ne dois pas exagérer. Ce soir un Mont d’Or fondu et la journée sera finie… euh… le Mont d’or est pour dimanche, mais j’anticipe 🙂

Dans le rôle de Pygmalion

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Le soir à l’atelier

Le moment où l’argile « prend vie » est toujours surprenant. On travaille sur une masse de boue pendant quelques heures et à un instant précis on sent entre ses mains un être qui cherche à se libérer. Les sculpteurs parlent souvent de cela. L’oeuvre déjà dans la pierre avant d’enlever les morceaux qui la couvrent. Avant je pensais qu’il s’agissait d’une métaphore ou d’une façon poétique de décrire le processus de création, mais aujourd’hui je sais qu’il s’agit d’un phénomène « réel » ; la sculpture prend vie vraiment. On commence alors à travailler de façon différente. C’est la sculpture qui mène la danse. On doit juste suivre ce qu’elle attend de vos mains.

Photos et modèle : Juliette Marne

Sculpture et peinture

Blanc et noir, lumière et ombre. Deux dimensions puisque c’est une image sur l’écran d’un ordinateur, mais on devine la troisième. Les couleurs, les lignes, la matière d’un tableau comme fond pour un buste. Deux images d’une même ambiance. Deux époques, deux espaces différents,

avec le sujet comme point en commun. 2008 et 2016.

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