Chien en Bronze – le revenant

Je devais faire son portrait à partir de photos de mauvaise qualité : prises de trop près, floues, de petit format, et de basse résolution. C’était un beau Braque hongrois, à l’air gentil. La personne qui a passé commande nous avait parlé, quand elle était venue à l’atelier, de ses deux chiens, dont l’un était mort prématurément. Nous avions conclu que pour le portrait il s’agissait de celui qui était déjà dans le ciel des Braques.
J’ai travaillé pendant des semaines. Nous avions essayé à trois reprises d’obtenir plus de photos, car celles que la propriétaire nous avait envoyées ne me donnaient pas une idée nette des volumes du chien trépassé. Comme nous ne recevions aucune réponse, nous avons compris qu’elle n’en avait plus, et puisque le portraituré n’était plus de ce monde, il fallait éviter d’embêter Mme N. 
J’ai pris le choix de réaliser l’œuvre plus grande de ce que nous avions promis, pour faire plaisir à la personne que nous imaginions triste après la perte de ce chien. 
Les photos que nous avons envoyées de l’étape argile, juste avant de le faire couler en bronze, ont été bien validées. Mme N. avait même exprimé de l’admiration pour le travail réalisé. 
Nous l’avons livré ce matin. La nouvelle propriétaire est venue le chercher accompagné du… du modèle ! Bien vivant et en pleine santé ! C’était un choc pour moi de voir arriver le modèle après des semaines à l’imaginer bien statique sous terre. 
L’expression d’un animal, est plus difficile à bien percevoir : nous sommes habitués à bien décoder celle de notre espèce, mais nous ne captons pas en général toutes les subtilités des mouvement internes des animaux dont nous partageons la vie. Chez Fender, j’ai trouvé un regard légèrement inquiet, malgré sa douceur et son intensité.

Sculpture en pierre d’Avy

Sculpture en pierre - Zorba - Lartigue

Disparu de l’écran depuis des semaines, je reviens avec cette vidéo du processus d’une sculpture en pierre. J’ai essayé de présenter en moins de 3 minutes le travail de deux mois. La pierre permet une espèce d’apprivoisement de la matière ; on doit s’approcher lentement de l’être qui se trouve à l’intérieur sans jamais le blesser. Au début elle semble hostile et sur la défensive, mais après un certain temps, un accord s’établit entre la matière et le sculpteur et on peut enlever des morceaux importants sans trop de difficulté.

Grâce à la confiance que la commanditaire m’a faite, j’ai pu travailler dans une liberté totale, ce qui m’a permis de trouver un lien entre l’expression amusée et amicale de ce golden retriever et la beauté de la pierre. Zorba nous regarde avec l’intelligence spéciale propre aux animaux qui nous accompagnent dans notre passage sur Terre.

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