Rythme accéléré

Nous croyions que notre activité allait se calmer au retour de ce beau voyage en Belgique, qu’après l’inauguration du monument de Jacques Franeau (dont je n’ai pas eu le temps de parler) on allait retrouver un moment de tranquillité.

Au contraire, tout s’accélère. D’une part, plusieurs projets, dont je parlerai dans d’autres articles, prennent forme ces jours-ci, d’autre part, les bustes des aviateurs de l’Aéropostale pour le Musée de Montaudran à Toulouse doivent être terminés bientôt, le buste en pierre de Simone Veil pour le Salon des maires est à peine à l’étape d’ébauche et il ne reste que deux mois pour qu’il soit présenté… Et notre galerie virtuelle Kazoart est très active, ce qui implique une accélération de la création d’œuvres. Hier Méfiance a été vendue (pour la voir, cliquez sur ce lien).

Il sera difficile de se détacher de cette sculpture en pierre qui n’a même pas été exposée dans un espace non virtuel, et qui part déjà. C’est une œuvre majeure qui part dans les mains d’un collectionneur dont nous n’avons pas encore les coordonnées. C’est étrange de ne pas savoir dans quel coin du pays elle va trouver son nouveau foyer. C’est flatteur d’un côté puisque l’acheteur l’acquiert en se basant exclusivement sur l’œuvre, sans connaissance particulière de l’auteur, ni de l’ambiance de l’atelier ni d’autres facteurs qui peuvent influer sur l’intérêt qu’un collectionneur porte à notre vie d’artistes. Donc flatteur d’un côté, mais aussi un arrachement total, car pour l’instant il n’y a aucun lien avec ce collectionneur. D’autres sculptures partent chez des personnes qui suivent depuis longtemps nos activités artistiques et la possibilité de les revoir, et même de les exposer à nouveau, existe.

Tout cela en même temps que ma sœur cadette s’installe avec sa famille à Muret. La fratrie des trois Lartigue dans la même ville ! Cela n’arrivait plus depuis qu’on s’est éloignés dans trois coins du monde, par moments dans trois continents différents, il y a plus d’un quart de siècle. Pas seulement dans la même ville, mais aussi dans la même rue !

Une belle année s’annonce.

sculpture visage pierre tavel - Lartigue

Méfiance (vidéo)

Tailler la pierre implique toujours un risque élevé : la moindre erreur de coup de ciseau peut ruiner l’œuvre.

Pour regarder la VIDEO, cliquez ici.  

La forme légèrement évasée de l’oeuvre rappelle un chapiteau. Elle pourrait donc être placée en haut d’une colonne (ou dans une niche…). La pierre de Tavel est l’une des plus belles de France. Elle est appréciée dans le monde entier. De sa main gauche une jeune femme s’arrache à la pierre. Son regard restera immortalisé, avec une expression de méfiance, de scepticisme, consciente de sa beauté.

sculpture visage pierre tavel - Lartigue.png

Encore un corps libéré

Plus de 400 millions d’années, nous dit le site de la carrière de pierre de Tavel, c’est l’âge de ce marbre si beau. Un corps de femme se libère. Elle sort de la pierre où elle était emprisonnée. Elle a dû attendre tout ce temps pour qu’un jour un sculpteur enlève les couches de pierre qui la recouvraient.

J’ai déjà parlé de cette idée de la forme qui se trouve à l’intérieur d’une pierre, idée exprimée par Michel Ange, parmi d’autres, qui ont eu la même sensation : on enlève petit à petit des morceaux à la meuleuse, d’abord, puis au marteau piqueur et aux ciseaux à la fin, et tout à coup, on ressent une sensation d’arriver à la surface « réelle » d’une forme qui se trouve à l’intérieur. Je parle souvent de cet instant parce qu’il est très frappant (c’est le cas de le dire) : on a le sentiment précis de ne plus pouvoir frapper sans blesser le corps qui se trouve là. Il faut le dégager en faisant très attention de ne plus dépasser le niveau de sa peau.

Quand j’avais lu des phrases similaires sur ce moment-là, j’avais cru qu’il s’agissait d’une métaphore pour donner une aura de magie à l’activité du sculpteur, la sensation existe bel et bien. Il ne s’agit pas d’une simple image cérébrale ; il y a vraiment une création antérieure à l’intérieur de la matière. Antérieure parce que notre esprit la fabrique avant nos mains. Nos mains libèrent ce que l’esprit à déjà créé. C’est peut-être de là que cette sensation d’un être caché dans la pierre est née.

Pour voir une petite vidéo de la sculpture, cliquez ici.

 

Sculpture en pierre de Tavel

Un pierre grise, bleutée, très dure. Des outils en carbure de tungstène ont été nécessaires pour la travailler. Une fois polie, elle semble douce. Pourtant, ses arêtes sont agressives. L’opposition entre ces deux aspects est l’un des éléments que je souhaitais pour cette pièce.

Cliquez sur la vidéo :

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