A la veille de l’inauguration du monument Jacques Franeau

Nous avons traversé la France du sud au nord pour arriver à une magnifique ville en Belgique : Mons. La beauté de sa place centrale, de ses rues étroites sinueuses aux maisons en brique très variées et riches en textures, l’ambiance d’une ville universitaire, les constructions imposantes qui dénotent la puissance d’une autre époque, et la quantité surprenante de sculptures urbaines, tout cela nous a surpris agréablement.

La tension pendant tout le trajet était évidente. Nous portions dans la fourgonnette le fameux socle en granite du Sidobre de 750 kilos. Cela imposait une conduite stable et douce. C’était la dernière ligne droite d’un long projet de deux ans. Bon, ligne droite est une façon de parler : un accident sur l’autoroute nous a obligés à prendre de petites routes pendant un bon moment, avec leurs virages, dos d’âne, villages à traverser… Mais tout s’est bien passé. Nous n’avions pas droit à l’erreur à ce stade de l’aventure.

Nous avons été très bien reçus. La responsabilité que la réalisation de ce projet signifiait a été bien récompensée : en échange d’une ouverture à d’autres dimensions du temps – c’est ce que l’art permet – nous avons reçu des gestes d’amitié sincères.

A demain pour le récit de l’inauguration.

Monument à Mons (Belgique) en l’honneur de Jacques Franeau

Invitation Jacques Franeau A5 projet A V4-1 Sculpteur Lartigue

Deux ans après notre premier contact avec Gaspard Franeau, le petit-fils de Jacques Franeau, homme de sciences, l’inauguration du monument en son honneur aura lieu à Mons, Belgique.

Nous partons bientôt pour une nouvelle aventure. Nos bagages : 750 kilos de granite du Sidobre (pour un socle spécial) et quelques dizaines de kilos de bronze pour le buste, coulé par la Fonderie de Bronze Lauragaise.

Ce projet a permis la naissance d’une amitié avec Gaspard Franeau et la découverte de l’univers scientifique de son grand-père, qui donnait une importance immense à la divulgation de son savoir.

Ce qui constitue la base d’une œuvre de cette envergure est la représentation de la personnalité de l’homme, que l’on perçoit chargée d’un poids historique. On devine dans son regard la conscience du caractère intemporel de l’image qu’il renvoie. C’est cela que le sculpteur doit imprimer dans la matière.

Rendez-vous dans moins de deux semaines pour les photos de l’œuvre et de l’inauguration.

« La science n’est en soi ni un bien ni un mal et n’a de sens que parce qu’elle est la source de connaissances objectives à la disposition des hommes.
C’est à eux de s’en servir pour le bien de tous. »
Jacques Franeau 

Surveillée par la gendarmerie, la sculpture de Jean d’Ormesson va dormir couchée dans la fourgonnette de la Fonderie de Bronze Lauragaise après un long trajet de sept heures d’un midi à un autre plus provençal. Il fera de beaux rêves au milieu d’un intense concert de cigales.

Demain matin c’est le jour de l’installation. La grue sera là. L’école élémentaire qui portera son nom vient d’être terminée. Une belle construction moderne et lumineuse en harmonie avec la nature qui l’entoure. Jusqu’à cet instant, tout s’est bien déroulé, dans un planning bien serré. Le moindre grain de sable dans l’engrenage aurait signifié un retard qui aurait provoqué l’annulation de l’inauguration.

Demain c’est la dernière étape : la sculpture de 520 kg sortira horizontalement du véhicule et se placera verticalement sur une dalle de 2 tonnes.

A suivre demain, le récit de l’installation…

 

Ce soir on fête un beau projet

Les livres étaient son univers. Dans le désordre de ces objets rectangulaires, il construisait son propre paradis d’émerveillement et de bonheur. Il se savait privilégié. Il était heureux, comme tous ceux qui aiment la vie et qui profitent de chaque seconde pour apprendre à appréhender le monde.

Nous avons eu l’honneur de remporter le concours pour un monument consacré à Jean d’Ormesson. Il sera placé dans une école qui portera son nom, près de Marseille. L’inauguration est prévue fin juin.

Une pensée à tous ceux qui nous apportent constamment leur soutien. La « vie des artistes » n’est pas la plus stable, ni la plus facile, mais avec ce soutien immense, nous ne sommes jamais seuls.

Cette fois, pas d’image de mes œuvres, juste cette photo d’un pont de Bordeaux où nous étions il y a quelques jours, quand nous sommes allés chercher une pierre à la carrière d’Avy. Il s’agit du plus grand pont levant d’Europe, le pont Jacques Chaban-Delmas, qui m’a fait penser à mon père, avec qui j’aurais bien aimé partager notre joie.

Pont Chaban-Delmas - photo Lartigue

 

 

2018, année de grands changements

LA PIERRE

Le monde est en train de changer profondément. Une nouvelle conscience prend forme à grande vitesse. Les humains commencent à vouloir traiter les animaux et la nature en général de façon plus respectueuse. La production massive est mise sur la sellette. Les bénéfices de l’ère industrielle deviennent suspects. La richesse accumulée par une proportion bien réduite de la population est à la fois convoitée et détestée. Les inégalités s’accroissent. Les masses populaires prennent la parole sur les réseaux sociaux. On trouve des boucs émissaires dans tous les domaines. Les têtes sont prêtes à tomber.

Tous ces mots c’était pour arriver à « têtes ». C’est fait. Je poste les photos d’une tête en pierre d’un homme au regard sévère que je suis en train de réaliser. L’aspect « pas fini » crée des contrastes intéressants avec les zones bien polies. La rugosité de la surface permet d’apprécier la profondeur de la matière. En travaillant la pierre, le sculpteur est sensible à la lumière qu’elle dégage. C’est un matériau dur, mais en le touchant plus longtemps on sent sa tiédeur. On perçoit une énergie à l’intérieur, qu’on peut libérer par quelques coups de ciseau. Moins docile que l’argile, la pierre se laisse façonner quand on trouve le rythme constant des frappes. On entre dans un état de méditation en la travaillant.

Je suis persuadé que les humains vont commencer à montrer de la lassitude face à tant de « virtualité » dans leur quotidien. Bientôt, ils vont de nouveau apprécier la pierre. Actuellement on l’utilise pour faire des trottoirs, pour marcher dessus, ou pour nos salles de bain. On a oublié sa magie. La pierre reprendra sa place au centre de nos espaces publics et dans nos maisons.

 

 

Un monument en bronze pour la Belgique

Hier c’était une journée spéciale. Un projet commencé il y a plus d’un an est en train de se concrétiser : la sculpture en bronze est coulée, ciselée et patinée, prête à partir pour la Belgique. L’équipe de la Fonderie de Bronze Lauragaise dirigée par Nicolas Parc a bien réussi le changement de matière de ce personnage. Le passage de l’argile à la cire est réalisé par Clément Scavino. La naissance en bronze est accompagnée par Claude Marty (enrobage et décrottage). Le travail de ciselage réalisé par Stéphane Aubry est impeccable. Clarisse Fabre, qui s’occupe de la patine, est toujours à l’écoute. Très douée pour les nuances de couleurs. Maintenant nous devons nous occuper du socle en granite du Sidobre. L’inauguration est prévue pour l’année prochaine, en avril.

Le sentiment de bonheur est fort. On est sur la ligne finale d’une longue compétition. Au début il y avait plusieurs sculpteurs en lice. Il a fallu vivre des mois d’incertitude avant d’être sélectionnés. Les recherches, les idées, les propositions de la poétesse m’ont donné la base pour mieux saisir la personnalité de cet homme de sciences.

Maintenant il est là, prêt à voyager vers son emplacement définitif. Il verra passer les années devant un paysage changeant, le parc de l’université dont il a été le recteur. La neige, la pluie, le vent, les feuilles mortes qui s’intègrent à la terre pour nourrir de nouvelles feuilles, le soleil… Il sera là, toujours droit, avec un petit sourire aux lèvres. Monument pour la Belgique - Lartigue 1

Le bronze va couler

Après des mois d’attente, un beau projet a été confirmé. Le bronze coulera dans l’espace laissé vide par la cire pour redonner vie à la mémoire d’un personnage aux principes humanistes si nécessaires de nos jours. Nous sommes très contents, ce projet nous tenait à coeur. Il s’agit d’une sculpture pour la Belgique ; je parlerai de ce sujet plus en détail dans le futur. Avec l’accord des personnes impliquées.

Pour l’instant, je sors, pour regarder la lumière arriver. Un beau jour. Idéal pour sculpter en écoutant le Requiem de Gabriel Fauré, dont j’ai fait ce buste.

buste-gabriel-faure-2
Gabriel Fauré

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