Un petit cahier de dessin

La Poétesse lui fait une tresse. Elle se regarde dans la glace. Je la dessine une cigarette à la main. Des lignes d’abord chaotiques prennent petit à petit un rythme, un sens. Les doigts fonctionnent comme des capteurs d’une certaine électricité dans l’air. Une photo fige la lumière d’un instant ; un dessin imprime les mouvements de la lumière, du modèle, de la tension variable dans un laps de temps. Je ferme le petit cahier, son cadeau (pour mon dernier anniversaire).

Dans le rôle de Pygmalion

sculpture-de-galatee
Le soir à l’atelier

Le moment où l’argile « prend vie » est toujours surprenant. On travaille sur une masse de boue pendant quelques heures et à un instant précis on sent entre ses mains un être qui cherche à se libérer. Les sculpteurs parlent souvent de cela. L’oeuvre déjà dans la pierre avant d’enlever les morceaux qui la couvrent. Avant je pensais qu’il s’agissait d’une métaphore ou d’une façon poétique de décrire le processus de création, mais aujourd’hui je sais qu’il s’agit d’un phénomène « réel » ; la sculpture prend vie vraiment. On commence alors à travailler de façon différente. C’est la sculpture qui mène la danse. On doit juste suivre ce qu’elle attend de vos mains.

Photos et modèle : Juliette Marne

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑