Vernissage de l’Envol des Pionniers (Aéropostale)

Aujourd’hui c’est le vernissage de l’Envol des Pionniers de l’Aéropostale, un moment que nous attendons depuis deux ans. Les bustes sont installés. Le regard de ces hommes qui ont risqué leur vie pour faire voyager les mots se pose sur les murs refaits à neuf de leur ancien aérodrome, celui où ils ont commencé l’une des plus grandes aventures humaines : voler.

Ils attendent le public. Aujourd’hui leurs descendants seront présents. Il y aura les associations qui s’occupent de garder leur mémoire vivante, les élus de Toulouse et d’Occitanie, la presse… beaucoup de monde, sauf le public en général. Le public viendra après. Mais les bustes ne seront plus exposés. D’où notre silence : nous n’avons pas lancé d’invitation générale, car nous savions que les bustes seraient enlevés lors de l’ouverture au public. La raison invoquée par les organisateurs : la sécurité des œuvres. Je ne peux pas m’empêcher de me demander ce qui se passerait si tous les musées de France suivaient ce raisonnement : personne n’aurait le droit d’admirer aucune œuvre d’art. Le public a le droit, au contraire, de s’approcher des sculptures et des tableaux, dont la valeur peut atteindre des centaines de milliers d’euros. Et cela, sans barrières ni protections d’aucune sorte. Oui, le danger d’un accident ou d’un vol existe, mais il est relativement insignifiant. La preuve en est que nos musées comptent des millions de visiteurs par an et que les incidents sont très peu nombreux. 

Bref, notre exposition de bustes n’est pas ouverte au public. C’est ce qui explique notre faible « publicité »  autour de cet événement. Nous avons réussi à exposer onze bustes de ces héros qui ont changé l’Histoire : Latécoère, Massimi, Daurat, Deley, Vanier, Vachet, Rozès, Guillaumet, Mermoz, Saint-Exupéry, Bouilloux-Lafont. L’année prochaine ils seront installés de façon définitive dans une partie du musée encore en construction. Nous espérons qu’ils seront alors accessibles pour tous. 

Nous sommes fiers d’avoir eu l’occasion de contribuer à préserver leur mémoire en donnant un visage, ou plutôt, des visages, à cette aventure technologique, sociale, littéraire, philosophique, politique, magique… 

Sculpte-moi un mouton

Sans la volonté de fer, l’audace et l’âme de visionnaires des pionniers de l’Aéropostale, Toulouse ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Combien de Toulousains le savent ? Le XXe siècle a été le théâtre d’une révolution technologique où toutes les nations développées luttaient pour avoir un rôle important dans la conquête de l’air. La France a atteint l’une des premières places grâce à eux, ce qui a permis à Toulouse de devenir le centre européen de l’industrie aéronautique. Qui sait aujourd’hui que le nom de l’Aéropostale a été forgé par Marcel Bouilloux-Lafont ?

Nous voudrions rendre hommage à ces hommes en réalisant une série de bustes dans un contexte littéraire construit par Juliette Marne qui permettrait de leur donner une présence dans ce nouveau millénaire (malheureusement, à l’époque, la place des femmes dans l’aviation était très limitée, raison pour laquelle j’ai aussi sculpté le buste de Maryse Bastié, héroïne dotée d’autant de courage et de détermination que ses collègues). Maryse Bastié aviatrice par Lartigue
Les bustes qui nous permettent de les admirer sont rares, et surtout limités aux plus connus d’entre eux (Jean Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry, Didier Daurat, Henri Guillaumet).

Marcel Bouilloux-Lafont et Joseph Roig :

Des dizaines de pilotes effectuent le trajet des pionniers depuis 35 ans pour le rallye Toulouse Saint-Louis, et 10 ans pour le groupe Latécoère. L’ambiance est d’une rare camaderie et d’une admiration immense pour ce que ces pionniers ont accompli il y a un siècle.

Et pour répondre à la question qu’on nous pose souvent : « Comment est né votre désir de participer à cet hommage ? » Tout d’abord, nous devons l’idée à Gérard Antoine, qui a su attirer notre attention vers l’histoire de l’Aéropostale. Nous en avions déjà un aperçu grâce aux romans de Saint-Exupéry, dont Terre des hommes, ode à notre existence en tant qu’humains. Sa vision cosmique qui pouvait passer du macrocosme au microcosme dans un seul paragraphe et sa capacité à apprécier la beauté de la planète m’ont émerveillé. Puis, un jour, nous nous sommes rendu compte que l’histoire de l’Aéropostale était essentielle pour nous : notre travail en sculpture et en littérature depuis des années est centré sur la communication, la transmission, la mémoire. Or, la base de cette immense aventure était d’apporter le courrier d’un point de la planète à un autre. Les mots, au centre de tout. Ces hommes donnaient leur vie pour porter des lettres. Non seulement les humains ont commencé à voler, mais ils ont aussi commencé à communiquer beaucoup plus rapidement. Aujourd’hui, il nous paraîtrait étrange de devoir risquer une vie pour amener quelques mots d’un endroit à un autre, quand il suffit de taper sur son téléphone portable. Ces hommes sont les premiers à avoir créé des réseaux de communication entre les continents.

(Photos vernissage : Aldo Manzanera Lartigue)

Enfin, j’ajoute une photo de notre chienne en mode fantôme rouge… Elle rêve d’un coucher de soleil dans le désert.

Les pionniers de l’Aéropostale : Vernissage à Toulouse le 28 septembre

vernissage aéropostale Toulouse - Lartiguevernissage Toulouse expo aéropostale - Lartigue 1À l’hôtel Le Grand Balcon – Exposition de sculpture

C’est la rentrée. Après un été riche en couleurs, contrastes, changements dans l’atelier, découvertes artistiques, échanges avec des proches, lectures, réalisation de sculptures en terre, pierre et marbre, création de projets, mais aussi ponctué de quelques problèmes de santé, le rythme intense d’activités reprend. Pour les problèmes de santé, il a été nécessaire de passer par des craquements, torsions et piqures d’aiguilles délivrés par des ostéopathes, des étiopathes et des acupuncteurs pour retrouver des neurones moins rebelles. Les migraines diminuent.

Je reprends ce blog.

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