Qui crée le patrimoine de ce début de XXIe siècle ?


Salon International Du Patrimoine Culturel25e édition « Futur en héritage »Du 24 au 27 octobre 2019Carrousel du Louvre, Paris

Porté par Ateliers d’Art de France depuis 2009, le Salon International du Patrimoine Culturel rassemble et fédère l’ensemble des acteurs des métiers du patrimoine. Moment unique d’échanges et de réflexion, le salon accueille plus de 330 exposants et 21 000 visiteurs, grand public comme professionnels, pendant 4 jours au Carrousel du Louvre à Paris.

Le Salon International du Patrimoine Culturel (SIPC) est l’événement de référence qui fédère les professionnels de la valorisation, la restauration et la sauvegarde du patrimoine bâti ou immatériel. Institutions, collectivités locales, associations de sauvegarde du patrimoine, organismes de formation, fournisseurs du patrimoine bâti, ébénistes, orfèvres, tailleurs de pierres, restaurateurs de meubles, ferronniers, peintres d’art… plus de 330 exposants français et étrangers se donnent rendez-vous dans une ambiance chaleureuse au Carrousel du Louvre, lieu prestigieux situé en plein cœur de Paris.(…)

Tarif normal : 11€


www.patrimoineculturel.com

Voilà la présentation du salon auquel nous, sculpteur et écrivaine, allons participer. Comme on peut le constater, le but central de cet événement est la valorisation, la restauration et la sauvegarde du patrimoine. Si le patrimoine peut être défini comme l’ensemble des réalisations, des biens transmis collectivement par les ancêtres, on peut alors se demander qui crée ce qui, à l’avenir, sera considéré comme le patrimoine de notre siècle. 

Nous croyons que le patrimoine culturel dont on s’occupe aujourd’hui a été créé en grande partie par des artistes (ainsi que par des architectes). Cela signifie qu’un salon international du patrimoine culturel tourné vers le futur (le thème du salon cette année est « Le Futur en héritage ») devrait donner une place importante aux créateurs de patrimoine. C’est la raison pour laquelle les organisateurs ont accepté notre présence, alors même quil n’y avait plus de place (nous nous sommes inscrits assez tard). Nous voilà donc les seuls artistes sur le salon.

C’est un problème généralisé de nos sociétés modernes : on oublie souvent que tout ce patrimoine dont nous nous vantons et qui fait notre richesse a été créé à un moment donné. Qui crée le patrimoine de ce début de XXIe siècle ?

De notre côté, nous essayons de créer le patrimoine sculpté de demain, par l’usage de technologies avancées en même temps que de l’héritage du passé. Nous unissons nos deux mondes – le littéraire et les arts visuels – au service de la mémoire.
Gérard Lartigue et Juliette Marne
PS : Si vous souhaitez venir nous rencontrer au salon, n’hésitez pas à nous écrire (très rapidement), nous vous enverrons une invitation (papier) : artiste@art-france.fr

J’expose tout le mois de juin à la Galerie de l’Echarpe, à Toulouse

Sculpture marbre - Lartigue.png

Exposition du mardi 30 mai au samedi 1 juillet 2017 

Ouverture de la galerie de 14h à 19h du mardi au samedi

Un nu féminin, « Femme blottie », en marbre, et une jeune femme aux yeux rêveurs, « Marianne » (pour voir les photos du modèle pour ce buste, cliquez ici), seront exposés avec deux portraits déjà présentés dans d’autres expositions, ceux de Rodin d’Alina, jeune femme en terre noire.

Nous sommes allés en ville ! Il fallait apporter les sculptures à la galerie. Nous sommes sortis de notre paradis pour affronter le mouvement rapide des citadins. Ils étaient tous habillés en mode été, malgré le ciel gris. La dernière fois qu’on les avait vus, ils étaient bien couverts, comme nous, d’ailleurs, car il faisait froid. L’été est arrivé sans prévenir. Il a sauté le printemps. Ou l’hiver s’est éternisé, je ne sais pas.

Nous voulions profiter de notre sortie pour nous promener un moment dans la Ville rose, mais la Poétesse devait écrire des poèmes en urgence et moi un article sur l’exposition pour y inviter tous nos amis (juste pour les inviter, sans vouloir les obliger à y aller. C’est exclusivement le plaisir de partager la nouvelle avec eux). Nous sommes donc rentrés. Nous avons bien fait. Notre louve avait chaud et faim dans la voiture. Un délicieux repas nous attendait dans le frigo. Nous avons ouvert un pinot noir (cadeau d’un proche, un autre GG 😉 ) et à 18h nous avons déjeuné. Un cigare, et une fois l’article fini, je prends ma massette… une sculpture m’attend.

Pour regarder les photos du buste de Rodin et d’Alina, cliquez ici :

Alina

Rodin

Deux bustes sont toujours exposés à Ombres Blanches, ceux de Bernard Maris et de Marie N’Diaye (pour lire l’article, cliquez ici).

Quelques jours à Paris

moi-a-lille-photo-juliette-marne

De retour à Muret. Cinq heures du matin. La soirée au restaurant Il Vicolo, rue Mazarine, dans le 6ème s’était très bien passée. Une ambiance détendue et malgré l’immense quantité d’invités, tout le monde respectait le besoin de Michel Houellebecq de mener une vie la plus naturelle possible. Presque pas de téléphones dirigés vers lui pour le photographier, encore moins de « selfies » et personne ne se pressait pour échanger quelques mots avec lui. On aurait dit une fête d’amis. Pour moi, par contre, c’était important de bien l’observer, de le comparer avec son buste en bronze, à côté de lui. Je considère ce buste comme une de mes meilleures oeuvres, et je n’avais pas eu l’occasion de voir directement mon modèle. J’étais le seul à le regarder intensément. Les autres invités restaient discrets. Ils étaient là attirés par son oeuvre littéraire. C’était peut-être cela, des amis autour des mots. Les mots comme une colle sociale. Ce besoin d’histoires depuis la préhistoire.

On a pris la route en sortant du restaurant, vers 22h. Un seul arrêt à Limoges pour faire le plein. On s’est couchés à six heures du matin ! L’après-midi à l’atelier nous avons trouvé tout en ordre… apparemment. Le froid s’était glissé jusqu’à l’intérieur du four de sculpture. Tout l’atelier semblait gelé. Nous avons mis en route le chauffage. Les sculptures en processus de mes élèves, sous leurs sacs en plastique (on doit les couvrir pour que l’argile ne sèche pas) m’ont semblé moins grandes. Nous avons entendu des bruits bizarres, comme si un animal s’était caché dans un des sacs. Des petits bruits de plus en plus forts. Tout à coup on a vu les sacs bouger !

Dans l’atelier il y a souvent des fantômes. Nous aimons penser que nous cohabitons avec pas mal de monde du passé. Cela peut sembler ésotérique, mais si l’on croit aux nouvelles théories scientifiques (ah, ce mot calme un peu les esprits), le temps n’est pas un élément linéaire. Il se plie comme un drap (un drap plié, bien sûr). Le présent coexiste avec le futur et le passé. Il y aurait des ponts entre les temps. C’est là qu’on serait en contact avec des personnes du passé ou du futur. Mais pour rendre l’idée simple, on peut expliquer ce phénomène par de simples fantômes. Bref, nous avons pensé au début que les fantômes se manifestaient. Il faut penser que nous avions fait une nuit blanche. La fatigue permet d’ouvrir la perception. Les barrières rationnelles sont moins solides. D’autres sacs en plastique se sont mis à bouger. Et les sculptures semblaient de plus en plus affaissées !

Nous étions tellement surpris de les voir bouger que nous ne réagissions pas. Ce n’est que quand un grand morceau d’argile est tombé par terre que j’ai couru pour les découvrir. Les sculptures étaient en train de se défaire ! Ce qui me paraissait étrange c’est qu’elles aient attendu le moment où nous étions revenus pour s’auto-détruire. Il n’y avait pas, évidemment (je dis « évidemment » pour rassurer les esprits dits cartésiens) de fantômes ni d’animaux. J’expliquerai à la fin ce qui s’est passé. Pour l’instant je dois dire que j’ai ressenti une frustration terrible de ne pas pouvoir éviter l’auto-destruction de toutes ces oeuvres de mes élèves. Elles avaient passé des heures à travailler sur cette argile redevenue un tas de boue…

Il est difficile de s’éloigner d’un atelier. On sent comme si les oeuvres restaient dans une vulnérabilité immense. C’est comme si notre volonté de créer se répercutait sur leur intégrité : si on s’éloigne, l’oeuvre peut disparaître. On devient superstitieux à force de vivre dans la création tout le temps ; les forces rationnelles n’opèrent pas de la même façon dans un atelier.

Mais je voulais plutôt décrire ce voyage à Paris et à Lille. Ce sera dans l’article de demain…(la suite, cliquez ici)

musee-louvre-de-lens-sculpteur-duseigneur

Musée du Louvre-Lens, sculpteur : Duseigneur. J’en parlerai dans un autre article.

Photo du sculpteur accablé, Juliette Marne

Photo au musée, GL

Exposition à la Galerie de l’Echarpe, à Toulouse

Exposition à la galerie de l’Echarpe du mardi 6 au samedi 24 décembre. 

J’expose le buste No 4 de Rodin et trois bustes de jeunes filles. La galerie est en plein centre de Toulouse. Renseignements : http://galerie.echarpe.free.fr/

J’écris cette invitation à 3h du matin. Je n’arrive pas à dormir. L’Histoire pourrait changer de direction cette nuit. Les Américains sont en train d’élire leur président. Si Trump gagne, une période d’obscurité commence pour toute la planète. Pourtant, tout semble bien en ce moment. « Jusqu’ici, tout va bien », comme dans le film « La Haine » de Kassovitz.

Pour lire la suite :

https://lartiguesculpteur.com/2016/11/10/jusquici-tout-va-bien/

Deux dimensions

Journée longue et intense. Des moments mémorables, bien enrichissants. D’abord à la fonderie, où j’ai pu discuter « sculpture » avec un autre sculpteur avec qui je m’entends très bien, et qui m’apporte de bons conseils, et avec un autre artiste dans l’âme. Je parle rarement sans filtres, sans barrières pour protéger ma créativité, avec une certaine passion… j’ai pu le faire ce matin. Et j’ai reçu des compliments inattendus et touchants à propos de mon oeuvre. Le cadre, les personnes présentes, tout permettait de se sentir dans son élément. Discuter autour d’un morceau de boue, comme si c’était le centre de l’existence, c’est fort ! Un tas de terre. Belle matinée.

Il a fallu courir pour rentrer et préparer les deux bustes que nous allions exposer à Ombres Blanches, à Toulouse. Tout s’est bien passé. Nous nous sommes garés juste devant l’entrée de la salle d’expositions. Mais la présentation du livre de Marie NDiaye et de celui de son compagnon a été annulée. Le train qui les amenait à Toulouse s’est arrêté à Bordeaux. Un suicide sur les voies ferrées a empêché que ces deux auteurs qui venaient d’Allemagne (où ils habitent) arrivent. On se sent toujours coupable de regretter une annulation de ce style quand la raison est une vie qui s’éteint. Deux dimensions bien séparées.

Nous nous sommes mis à lire et à dessiner dans le café d’Ombres Blanches après avoir installé les bustes de Marie NDiaye (qui viendra alors en janvier) et de Malraux. Ils resteront exposés jusqu’à janvier.

Le dessin de ce soir :

dessin-ombres-blanches-gerard-lartigueo

Deux bustes à Ombres Blanches

Marie NDiaye, une écrivaine magnifique (Trois Femmes puissantes, prix Goncourt), sera demain à la librairie Ombres Blanches à Toulouse, à 18h. Son buste sera exposé dans la salle de rencontre. Son compagnon Jean-Yves Cendrey sera également présent, tous deux présentent leurs nouveaux livres La Cheffe, roman d’une cuisinière pour elle et La France comme ma poche pour lui.

Depuis des années je vois son buste dans mon atelier, mais je n’avais pas eu l’occasion de la rencontrer. Je pourrai demain la dessiner et l’observer lors de la présentation de son nouveau livre, ce qui me permettra de réaliser un nouveau buste d’elle.

Il y a un an nous avions exposé Michel Houellebecq, Patrick Modiano et Marie NDiaye dans la vitrine d’Ombres Blanches et toute une série de bustes d’écrivains. Cette fois, il y aura le buste de cette écrivaine et celui d’André Malraux.

marie-ndiaye-buste-de-lartigue-a-ombres-blanches

Exposition à Martres-Tolosane

Derniers jours de l’exposition au Grand Presbytère : « Martres-Tolosane mise en scène par Meschia et Tardif » .

Sylvian Meschia, célèbre céramiste de la région, a proposé à la mairie de Martres-Tolosane mes services en tant que sculpteur pour la réalisation du buste de Saint Vidian à partir de l’original en bois. L’association qui se charge du patrimoine de la ville a apprécié le résultat. Il est actuellement exposé au Grand Presbytère. Vous y trouverez aussi les bustes gallo-romains que j’ai réalisés en m’inspirant des bustes de la villa romaine de Chiragan. Vous pouvez visiter la page de Sylvian Meschia sur facebook ou celle du Grand Presbytère. Vous aurez un aperçu du beau jardin et de quelques faïences typiques de la ville, en plus de l’installation de Meschia. Le but de l’exposition est de mettre en avant le patrimoine de la région.

Renseignements :

http://www.legrandpresbytere.com/

tel : 05 61 87 64 93

grand.presbytere@mairie-martres-tolosane.fr

Question No 2 à éviter dans une expo

Quand on vous invite dîner chez des amis, est-ce que vous acceptez parce que vous savez que vous allez manger, que vous allez être nourris, c’est à dire parce que cela vous prolonge la vie si votre frigo est vide depuis un moment ? Ou vous acceptez parce que c’est une occasion de partager un moment avec vos amis ?

J’entends fréquemment (je vous parle de nouveau sur mon expérience personnelle)  la question suivante : « Tu exposes pour vendre, n’est-ce pas ? ».

C’est difficile d’expliquer cette obligation qu’on ressent d’exposer. Les oeuvres s’accumulent et un jour on veut vraiment les exposer, leur donner vie ailleurs, peut-être les faire exister dans un autre espace, parfois définitif. Mais l’esprit pratique de notre époque suggère que la raison principale d’exposer est pour les vendre. Si même certains « collègues » dans l’art ont cette logique, c’est compliqué d’être crédible quand on dit que le but central n’est pas commercial.

Alors j’ai eu l’idée d’illustrer le sujet en utilisant la comparaison avec le dîner chez des amis. On aime partager un moment riche en émotions, plein de joie, d’affection, avec ceux qu’on aime et si c’est autour d’un bon plat et d’un bon verre de vin, tant mieux ! Mais jamais on ne penserait que c’est pour se nourrir, pour ne pas mourir de faim ! Les hôtes n’auraient jamais l’idée de demander à l’invité s’il vient pour manger, pour satisfaire un besoin vital !

Exposer c’est pareil : l’artiste invite le public à un partage. L’oeuvre est là pour offrir un instant de « contemplation ». Si l’artiste vend un tableau ou une sculpture, ce qui aide à résoudre les aspects pratiques de sa vie, tant mieux, mais le but n’est pas celui-là. Ce qui compte pour lui exposition-4-bustes-galerie-de-l-echarpe-a-toulousec’est le partage, l’expérience, le défie, le dépassement de soi.

Vous pouvez lire la Question à éviter No 1 ici :  https://lartiguesculpteur.com/2016/10/20/question-a-eviter-est-ce-que-vous-vivez-de-votre-art/

C’est un point de vue, mais, et ça deviendra une habitude, je vous laisse d’autres points de vue en forme de grains de poivre (ce n’est pas du café, observez bien… le moulin, oui, c’est un moulin à café, mais les points de vue sont des grains de poivre que j’ai éparpillés pour la photo)   :

 

Points-de-vue-Lartigue
Points de vue – concept et photo, Lartigue

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑