Sculpture sur marbre à Saint-Béat (récit d’un symposium, jour 1)

Il fait frais, bien plus frais que dans notre atelier de Muret, nous avons laissé la canicule derrière nous.

Trouver le bon raccord de compresseur…

La ligne de démarcation du soleil descend peu à peu sur la colline en face du parking Gallieni où Gérard va commencer sa sculpture, L’Inconnue, réinterprétation contemporaine d’un buste de Chiragan (Martres-Tolosane, époque romaine) :

« Donner vie, en quelque sorte, à cette femme, en l’ancrant dans le présent. »

9h12. Des galets millénaires reposent dans l’eau. Un lézard court ventre à terre le long du muret qui nous sépare du fleuve. Le doux grincement de la meuleuse s’élève et se mêle au murmure de la Garonne que surplombe une ligne de maisons semi-antiques. Un bloc de marbre blanc de 45 x 40 x 20 cm va se métamorphoser en belle femme intemporelle.

L’œuvre est mise en jeu dans une tombola, qui se tiendra le 27 juillet.

Poussière de marbre

Dans nos poumons

Aucune alarme

Le cœur tient bon

Nous irons boire au fleuve

Et puis serons lavés

Dans l’air pyrénéen brille

La poussière dépliée

Juliette Marne

  • Pour lire les autres articles :

Jour 2

Jour 3

Jour 4

Jour 5

  • En savoir plus sur L’Inconnue de Chiragan :

L’Inconnue au MSR

  • Association Marbre et Arts :

Marbre et Arts

  • L’exposition des sculptures de Jean-Jacques Abdallah à Montmaurin :

J.-J. Abdallah

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Sculpter avec modèle

Une photo est censée représenter fidèlement la réalité. Nous sommes tellement habitués à appréhender le monde au travers des images (Internet, télévision, journaux, etc.) que nous avons tendance à croire qu’il est exactement ce qu’elles dépeignent. En vérité, les photos apportent très peu d’information. Pour un sculpteur cela est d’une évidence absolue : sculpter un corps ou un visage (ou les deux, ça m’arrive 😉 ) avec modèle vivant est incroyablement plus facile qu’à partir de photos et de vidéos. La différence est totale. Il n’y a pas photo.

Il y a deux semaines nous avons eu le plaisir de recevoir un groupe de personnes intéressées par l’art. Elles sont venues découvrir l’atelier, mes sculptures et notre façon de travailler ensemble, la poétesse et moi. Un des visiteurs s’est prêté au jeu de servir de modèle. L’événement a été organisé par Anne Nières, qui donne des conférences d’art dans la région et organise des sorties culturelles.

J’ai trouvé sa tête bien intéressante pour la sculpter. Un visage très expressif, la tête bien géométrique, une moustache dessinée avec soin, des yeux rieurs.

Après une introduction à notre univers de création et en particulier à celui de la sculpture, Juliette a expliqué au modèle qu’il pouvait bouger, parler, rire. Elle l’a bombardé de photos pour que je puisse plus tard travailler les détails.

L’expérience m’a semblé réussie : j’ai pu faire une démonstration de mon travail dans une ambiance à la fois détendue et d’une grande attention. Ils ont posé beaucoup de questions. Je dois dire qu’en général j’ai peur des questions, car souvent elles se centrent sur des sujets plutôt pratiques (voir mon article, cliquez ici).  Cette fois, les questions concernaient la création. Nous avons reçu des mots encourageants à la fin de la séance.

Recevoir des gens dans l’atelier pour parler d’art est une façon de remplir l’espace d’énergie. Une fois que tout le monde est parti, l’atelier retrouve son silence avec un fond de bruit d’eau qui court. La petite cascade ne se tarit jamais. Et le ciel gris tissé par les branches des arbres nous rappelle que l’hiver est toujours là.

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