art content-pour-rien

Notre société a une tendance marquée à mélanger l’art et les loisirs. Les médias ont tendance à mettre les deux domaines dans le même espace médiatique, comme si l’art servait à « distraire », à « divertir », à amuser : on le place dans la section « spectacles ». Même si dans l’art il y a des oeuvres qui font partie du spectacle, comme les arts vivants (performing arts), la peinture et la sculpture appartiennent à un ensemble bien différent où la contemplation est un élément central, absent dans le monde du spectacle. 

L’art dit « contemporain » est le fruit de cet amalgame. Des oeuvres plus proches du théâtre par leur nature temporelle, de présence, de spectacle, se font passer aujourd’hui pour des objets d’art susceptibles d’être vendus (c’est comme si l’on pouvait vendre une pièce de théâtre au lieu de vendre des entrées). Cet « art contemporain » a ainsi pris l’espace des galeries et des musées qui appartenaient aux peintres et aux sculpteurs. Parfois il s’agit vraiment d’art, mais en tant qu’art du vivant, du présent, du spectacle ; il devrait donc être représenté dans un théâtre, ou dans la rue, ou sur une place publique. Sa rétribution commerciale devrait passer par un billet d’entrée, en non par la vente d’un concept. Vendre l’urinoir de Duchamp… absurde ! Mais vendre un billet pour aller voir cet objet (tout urinoir ferait l’affaire) dans un espace décontextualisé (dans les WC cela n’aurait aucun intérêt puisqu’il s’y trouve déjà), pourquoi pas. Ou dans un musée une fois que l’événement est devenu historique. 

 

 

C’est un point de vue…

Points-de-vue-Lartigue

Quelques pistes pour reconnaître un bon dessin

Pour cette analyse je vais utiliser un dessin d’Anaéli. Sans vouloir tomber dans les formules, si chères à notre société de plus en plus basée sur l’hémisphère gauche du cerveau, donc de plus en plus rationnelle et de moins en moins instinctive, je vais essayer de donner quelques pistes :

Dessin réalisé par Anaéli Lartigue (ma fille)  

 

dessin-realise-par-anaeli-lartigue-encre

  • Richesse des traits : quand on dessine on peut se baser sur une seule ligne, toujours de la même épaisseur, ou essayer des traits très différents, ou hachés. La ligne peut être nerveuse par moments ou douce. Visible, perdue entre des taches. Cette richesse peut rendre le dessin « vibrant », ou dramatique, ou vif.
  • Variété de « textures »: les lignes ne servent pas seulement à délimiter un objet ; elles peuvent créer des surfaces, des profondeurs, des sensations de dureté ou de souplesse… Une ligne répétée en parallèle peut devenir une simple ombre. Utilisée de façon chaotique, elle peut représenter un rocher ou, si elle a une ondulation organisée, elle devient liquide…
  • Composition : mouvement ou pas, espace occupé sur la feuille, directions des lignes et des différentes surfaces. Un dessin peut nous sembler équilibré dans l’espace, ou en mouvement. La surface peut nous sembler trop grande ou bien utilisée. La composition est la façon de placer nos lignes sur la surface : un artiste le fera en connaissance de cause ; il pourra créer un équilibre précaire ou une tension ou une stabilité totale. Dans ce dessin d’Anaéli, on devine le mouvement de la vague, une masse d’eau qui va dans le sens inverse du mouvement de la femme : la vague se lève, elle baisse la tête et se protège.
  • Thème : déjà, il faut savoir si un dessin a un thème ou pas. Parfois, il s’agit d’un simple exercice d’observation. Dans ce cas, on voit parfaitement bien qu’il y a un thème. Je ne le décris pas pour laisser l’interprétation ouverte.
  • Ambiance : le sujet du dessin peut être souligné par la façon de le traiter. Un sujet dramatique comme celui-là mérite bien quelques taches d’encre tombées « par hasard », des lignes insistantes, parfois entrecoupées, des noirs profonds, des espaces libres pour contraster avec le côté sombre.
  • Esprit de synthèse : un dessin est souvent mieux réussi quand, avec moins de moyens, on exprime davantage d’émotions ou d’idées. Quand on doit décrire beaucoup de choses pour exprimer une idée sans trop d’importance, le dessin est moins intéressant. Dans ce cas, il me semble que le sujet est très direct, fort, vivant et que les moyens ont été trouvés rapidement et spontanément.

 

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑