Pétition de Rémy Aron : « Exigeons le respect de la diversité artistique ! Stop au dirigisme d’État ! »

La Maison des Artistes a pris l’excellente initiative de pousser les artistes à s’exprimer sur le sujet de l’art contemporain et sur le rôle de l’État dans le soutien de l’art en général (depuis des décennies, seul l’art conceptuel est financièrement aidé par l’État).

Il ne s’agit pas de contester les artistes choisis par l’Etat, mais on peut contester la nature de « l’art contemporain » : il ne fait pas partie des arts plastiques ! C’est un art qui est en relation avec l’art de scène, avec l’art vivant, avec l’art théâtral.  Il s’agit d’une expérience vécue et non d’un objet artistique ! C’est le centre du problème. Il n’y a pas d’objet (peinture, sculpture, dessin, gravure, etc.) à acquérir. « Questionner » le public avec un tas de chaussures, ou de chaises, ou de briques ou de terre… pourquoi pas ? On trouve parfois des concepts intéressants dans « l’art contemporain », mais que l’Etat subventionne le concept en question comme s’il s’agissait d’un objet est absurde ! 

Les citoyens commencent à comprendre que nos impôts servent à payer des concepts, souvent ridicules ou d’une banalité extrême, présentés comme de l’art contemporain. Les idées, c’est bien, et même nécessaire, mais  elles doivent se matérialiser dans un livre, comme les écrivains le savent. Une pièce de théâtre traverse les siècles, entre les feuilles d’un livre. Autrement, c’est de l’air. L’Etat est en train d’accumuler de l’air, avec nos impôts. 

C’est pour cela que je suis d’accord avec cette pétition lancée par Rémy Aron. L’Etat doit donner toute leur place aux arts visuels. Pour signer la pétition, cliquer sur ce lien :

https://www.change.org/p/exigeons-le-respect-de-la-diversit%C3%A9-artistique-stop-au-dirigisme-d-%C3%A9tat

Gérard Lartigue

Prix Nobel de littérature 1990

Depuis des décennies je voulais faire son portrait. L’œuvre qui a déclenché mon intérêt pour cet écrivain, c’est Le Labyrinthe de la solitude, un essai qui analyse la société mexicaine des années 1950. Octavio Paz s’est toujours opposé à toute forme de violence, au point d’abandonner son poste d’ambassadeur en Inde pour protester en 1968 contre son propre gouvernement quand celui-ci avait ordonné une répression violente des étudiants (le nombre de morts n’a jamais été élucidé) lors des Jeux olympiques au Mexique. Dans sa lutte contre la violence, Paz avait aussi soutenu les Républicains pendant la Guerre civile espagnole. Il avait pris la défense d’auteurs comme Alexandre Soljenitsyne et critiqué les activités des sandinistes au Nicaragua et des castristes à Cuba. On devine sur son visage un esprit indépendant, difficile à étiqueter.

Il vit plusieurs années en France comme diplomate après 1946 et y revient en 1959. Marié en deuxième noces à une Française, Marie-José Tramini, il lui consacre quelques-uns de ses meilleurs poèmes.

C’est fait, j’ai fait son buste en argile. Peut-être sera-t-il un jour coulé en bronze (ma dernière obsession, c’est de tout transformer en bronze…). Il ne me reste qu’à découvrir sa poésie.

 

Après… il n’y a pas d’après. J’avance, je fends de grandes roches d’années, masses de lumière compacte, je descends des galeries de mines de sable, je perce des couloirs qui se referment comme des lèvres de granit. Et je retourne à la plaine, la plaine où il est toujours midi, où un soleil identique tombe fixement sur un paysage figé. Et n’en finissent pas de tomber les douze heures, ni de bourdonner les mouches ni de s’étoiler en éclats cette minute qui ne passe pas, qui seulement brûle et ne passe pas.

Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éditions Gallimard, coll. poésie, 1966 (isbn 2-07-031789-7), partie II. aigle ou soleil ? (1949-1950), aigle ou soleil ? plaine, p. 88 – liberté sur parole, 1929 – Octavio Paz

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