Le dimanche à l’atelier

Six heures de sommeil, comme d’habitude, mais de bon sommeil depuis que j’utilise le nouveau masque. Le brouillard met du temps à se lever. Les oiseaux blancs sont toujours sur les branches de l’arbre sur le lac. Isis les observe intriguée. Journée libre pour sculpter du matin au soir. Petit moment de lecture avec ma louve en peluche sur moi.

Je lis la biographie de Paul Vachet. L’auteur est Jack Mary. Nous l’avons rencontré pour parler de l’Aéropostale. Dans un mouvement de gentillesse, il nous a offert le livre. Je plonge de plus en plus dans cette belle époque du début de l’aviation. L’humanité en train de découvrir l’univers des oiseaux. Des voyages en ligne droite. D’en haut les chemins tortueux semblent ridicules. La communication se libère de la géologie.

Le soleil se lève. Je mets Bach pour harmoniser le temps et me mettre au boulot.

Sculpte-moi un mouton

Sans la volonté de fer, l’audace et l’âme de visionnaires des pionniers de l’Aéropostale, Toulouse ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Combien de Toulousains le savent ? Le XXe siècle a été le théâtre d’une révolution technologique où toutes les nations développées luttaient pour avoir un rôle important dans la conquête de l’air. La France a atteint l’une des premières places grâce à eux, ce qui a permis à Toulouse de devenir le centre européen de l’industrie aéronautique. Qui sait aujourd’hui que le nom de l’Aéropostale a été forgé par Marcel Bouilloux-Lafont ?

Nous voudrions rendre hommage à ces hommes en réalisant une série de bustes dans un contexte littéraire construit par Juliette Marne qui permettrait de leur donner une présence dans ce nouveau millénaire (malheureusement, à l’époque, la place des femmes dans l’aviation était très limitée, raison pour laquelle j’ai aussi sculpté le buste de Maryse Bastié, héroïne dotée d’autant de courage et de détermination que ses collègues). Maryse Bastié aviatrice par Lartigue
Les bustes qui nous permettent de les admirer sont rares, et surtout limités aux plus connus d’entre eux (Jean Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry, Didier Daurat, Henri Guillaumet).

Marcel Bouilloux-Lafont et Joseph Roig :

Des dizaines de pilotes effectuent le trajet des pionniers depuis 35 ans pour le rallye Toulouse Saint-Louis, et 10 ans pour le groupe Latécoère. L’ambiance est d’une rare camaderie et d’une admiration immense pour ce que ces pionniers ont accompli il y a un siècle.

Et pour répondre à la question qu’on nous pose souvent : « Comment est né votre désir de participer à cet hommage ? » Tout d’abord, nous devons l’idée à Gérard Antoine, qui a su attirer notre attention vers l’histoire de l’Aéropostale. Nous en avions déjà un aperçu grâce aux romans de Saint-Exupéry, dont Terre des hommes, ode à notre existence en tant qu’humains. Sa vision cosmique qui pouvait passer du macrocosme au microcosme dans un seul paragraphe et sa capacité à apprécier la beauté de la planète m’ont émerveillé. Puis, un jour, nous nous sommes rendu compte que l’histoire de l’Aéropostale était essentielle pour nous : notre travail en sculpture et en littérature depuis des années est centré sur la communication, la transmission, la mémoire. Or, la base de cette immense aventure était d’apporter le courrier d’un point de la planète à un autre. Les mots, au centre de tout. Ces hommes donnaient leur vie pour porter des lettres. Non seulement les humains ont commencé à voler, mais ils ont aussi commencé à communiquer beaucoup plus rapidement. Aujourd’hui, il nous paraîtrait étrange de devoir risquer une vie pour amener quelques mots d’un endroit à un autre, quand il suffit de taper sur son téléphone portable. Ces hommes sont les premiers à avoir créé des réseaux de communication entre les continents.

(Photos vernissage : Aldo Manzanera Lartigue)

Enfin, j’ajoute une photo de notre chienne en mode fantôme rouge… Elle rêve d’un coucher de soleil dans le désert.

Les pionniers de l’Aéropostale : Vernissage à Toulouse le 28 septembre

vernissage aéropostale Toulouse - Lartiguevernissage Toulouse expo aéropostale - Lartigue 1À l’hôtel Le Grand Balcon – Exposition de sculpture

C’est la rentrée. Après un été riche en couleurs, contrastes, changements dans l’atelier, découvertes artistiques, échanges avec des proches, lectures, réalisation de sculptures en terre, pierre et marbre, création de projets, mais aussi ponctué de quelques problèmes de santé, le rythme intense d’activités reprend. Pour les problèmes de santé, il a été nécessaire de passer par des craquements, torsions et piqures d’aiguilles délivrés par des ostéopathes, des étiopathes et des acupuncteurs pour retrouver des neurones moins rebelles. Les migraines diminuent.

Je reprends ce blog.

Deux expositions simultanées à deux pas du Capitole de Toulouse

Exposition à l’hôtel Le Grand Balcon (cliquez ici pour lire l’article)

 

A quelques mètres de l’exposition à l’hôtel Le Grand Balcon, on peut découvrir à Ombres Blanches les bustes de Carlos Fuentes et d’Octavio Paz, le premier, romancier, et le second, poète.

Autant de personnalités qui se sont dépassées grâce à la simple volonté de « faire ce qu’ils devaient faire », et qui ont laissé derrière elles des traces… Et la matière qui enregistre ce que le temps laisse comme traces à son tour sur leurs visages. La forme comme réceptacle de ces vies.

Exposition à Ombre Blanches, dans l’espace consacré aux débats, rue Mirepoix (Cliquez ici pour lire l’article). 

EXPOSITION : Les pionniers de l’Aéropostale

Les bustes de sept héros de l’Aéropostale et d’une aviatrice sont exposés à l’Hôtel du Grand Balcon, à Toulouse (à côté du Capitole, 8-10 rue Romiguières) jusqu’au 30 septembre. (Exposition prolongée jusqu’au 12 octobre).

Ceux qui connaissent l’histoire des pionniers de l’Aéropostale savent que parmi d’autres, Saint-Exupéry et Jean Mermoz séjournaient dans cet hôtel au début du siècle dernier. On peut encore aujourd’hui passer une nuit dans la chambre que l’écrivain du Petit Prince, de Vol de Nuit et de Terre des Hommes occupait.

Guillaumet est resté célèbre pour son aventure dans les Andes, où il a réussi à survivre après cinq jours de marche dans la neige suite à la panne de son avion dans la cordillère : « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait », a-t-il dit à Saint-Exupéry lorsqu’on l’a retrouvé.

Didier Daurat, leur chef, figure marquante de l’Aéropostale, s’occupait d’embaucher, d’encourager, de former les aviateurs.Expo au Grand Hôtel - Toulouse - Capitole 5

La mort de Saint-Exupéry me semble une tragédie grecque. En 1998 on retrouve la gourmette de « Saint-Ex » dans les filets d’un pêcheur, et trois ans plus tard on remonte les morceaux de l’épave. Le pilote de chasse de la Luftwaffe qui a tiré sur l’avion d’observation Lightning P-38 le 31 juillet 1944 ne savait pas qu’il était en train d’abattre l’écrivain Saint-Exupéry, qu’il admirait depuis sa jeunesse et dont les récits ont suscité sa vocation de pilote. Les livres de Saint-Exupéry ont donc créé le « personnage » qui allait lui donner la mort. La mort s’infiltre dans son destin à partir de ses propres textes. Le pilote allemand a appris il y a une quinzaine d’années, à l’âge de 88 ans, l’identité du pilote qu’il avait abattu lors de la Seconde Guerre mondiale.

 

En réalisant ces bustes, j’ai appris à admirer le sens du devoir que ces aviateurs possédaient. Ils avaient compris l’importance de faire ce que l’on doit faire dans la vie (action qui est peut-être l’essence même de la liberté). Ils devaient faire parvenir le courrier d’un point de la Terre à un autre. C’est tout. Et ils étaient prêts à donner leur vie pour accomplir leur mission. Leur travail était plus qu’une passion.

Aujourd’hui, on a la possibilité d’envoyer simplement un sms pour communiquer, les satellites s’occuperont du transport (c’est le même effort technologique pour envoyer un message à la personne d’en face, quand on ne veut pas se lever pour lui dire quelque chose, que pour l’envoyer à quelqu’un à l’autre bout de la planète). À l’époque il fallait compter sur ces aventuriers courageux pour faire arriver nos mots d’un continent à un autre. Ils l’ont souvent payé de leur vie. Mais les mots voyageaient.

Nous remercions le directeur de l’hôtel, Monsieur Okda, qui accueille les œuvres au bar du rez-de-chaussée, près des immenses photos des aviateurs.

Un vernissage aura lieu le jeudi 28 septembre. J’en reparlerai en temps voulu.

Le site de l’hôtel : http://grandbalconhotel.com/fr/

 

 

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