La Pharaonne au Père-Lachaise (vidéo AFP)

La sculpture en marbre de Carrare de La Pharaonne, une femme faisant un pas vers l’avant, vers l’inconnu, vers l’éternité est finalement installée au cimetière du Père-Lachaise. Cliquez pour voir le reportage de l’AFP :

Vidéo de l’AFP

Pour la voir in situ : elle se trouve à droite de la chapelle Thiers en montant (division 21), pas loin des tombes de Chopin et du Mime Marceau.

Le plan du Père-Lachaise

Ce plan du cimetière du Père-Lachaise a servi de guide à des millions de personnes qui sont venues à Paris du monde entier avant la pandémie. Elles s’en servaient pour localiser les tombes ou les sculptures les plus célèbres.

Le fait qu ‘aujourd’hui il puisse guider celles qui souhaitent découvrir La Pharaonne, c’est-à-dire la grande sculpture en marbre que nous avons livrée il y a plus d ‘un an suite à une commande assez mystérieuse, est pour moi quelque chose d’émouvant.



Quand j’avais à peine 13 ans j’ai suivi ce plan. Je ne me rappelle pas les tombes que j’ai voulu découvrir ; à l’époque je n’avais pas une notion claire de ce que la mort signifiait, et encore moins, une connaissance des artistes, politiciens, écrivains, poètes, scientifiques et d’autres savants qui allaient jouer un rôle important dans mon évolution en tant que sculpteur.

Pour moi, ce plan n’était que la représentation d’un labyrinthe truffé de vieilles pierres cassées servant à couvrir des cadavres dont les noms m’évoquaient une vague notion d’Histoire. Comment aurais-je pu imaginer à l’époque qu’il me rendrait service un jour pour trouver une œuvre réalisée par mes mains ? À cet âge-là, je n’envisageais pas encore de devenir artiste.

Aujourd’hui, après trente ans de création, la Poétesse et moi nous permettons de savourer une petite fenêtre qui s’ouvre vers tous ces gens que nous considérons comme nos maîtres et parfois comme des amis et qui ne sont plus de ce monde.

Ce marbre encore éclatant de lumière contraste avec la noirceur propre aux cimetières. La Pharaonne va donner son premier pas dans l´obscurité, dans une ambiance de paix et de vie. Oui, dans un cimetière on aperçoit la vie de façon plus limpide…..

Bonne nouvelle à propos d’une étincelle d’éternité

« Bonjour, je suis Mme X et je vous appelle parce que j’ai découvert au cimetière du Père-Lachaise une sculpture d’une femme dont le nom n’apparaît nulle part. J’ai trouvé la signature sur votre sculpture et j’ai cherché votre nom sur Internet. Je voudrais donc savoir qui a eu le privilège d’avoir une représentation de sa personne en marbre dans le Carré Romantique de ce cimetière ? »

La Poétesse a dû lui expliquer que la tombe est vide, que la personne représentée est vivante, qu’il s’agit d’une écrivaine qui était célèbre il y a quelques années, tout en évitant de montrer sa surprise en apprenant cette nouvelle ; la dame n’aurait pas compris notre ignorance d’un tel événement.

La sculpture en marbre de Carrare d’une femme faisant un pas vers l’avant, vers l’inconnu, vers l’éternité est finalement installée au Père-Lachaise !

Poème : Juliette Marne

Nous avions promis aux personnes qui suivent notre activité artistique que nous les inviterions au dévoilement de l’oeuvre quand elle se trouverait à sa place finale, au cimetière, mais le coronavirus en a décidé autrement : elle a été installée dans la plus grande discrétion pour éviter tout rassemblement en période de pandémie. Même nous, les réalisateurs de l’oeuvre, ne savions rien.

Il a fallu fêter l’événement. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’honneur d’avoir une oeuvre placée comme monument public pour les siècles à venir dans le cimetière le plus visité au monde, entourée d’oeuvres artistiques très significatives réalisées par des sculpteurs comme : David d’Angers (1788-1856), Jean-Baptiste Clésinger (1814-1883) (monument de Chopin), Antoine-Auguste Préault (1809-1879), Louis Ernest Barrias (1841-1905), Aimé Millet (1819-1891), Léopold Morice (1846 -1920), Charlotte Dubray (1855-1931), Gustave Crauk (1827-1905), Prix de Rome de sculpture en 1851, Paul-Albert Bartholomé (ami d’Edgar Degas), Henri Bouchard (1875-1960),  Alfred Boucher (1850-1934), René de Saint- Marceaux (1845-1915), Paul Dubois (1829–1905), Henri-Michel-Antoine Chapu (1833-1891), Laurent-Honoré Marqueste (1848-1920), prix de Rome en 1871, Paul Jean-Baptiste Gasq (1860-1944), premier prix de Rome en 1890, Denys Puech (1854-1942), Étienne Leroux (1836-1906), Aimé-Jules Dalou (1838-1902)…

Il faut monter à Paris et ouvrir une bouteille de Champagne sur la tombe vide de cette femme à l’âme égyptienne, qu’on appelle Hatshepsout, un pharaon féminin (je sais, c’est interdit, mais on le fera symboliquement).

La construction d’une amitié par le marbre

Plus d’un an ponctué de voyages entre Paris et Toulouse pour bien percer le mystère d’un visage. Figer dans le marbre une espèce de synthèse de la présence d’une personne est tout un défi. Les discussions qui ont enrichi les moments de convivialité pendant cette période, toujours autour de la création et de l’existence en général, nous ont permis de mieux cerner la personnalité originale et intéressante de Jean-Marc. Une bienveillance mêlée à un regard observateur et critique, avec un fond d’optimisme caché ont été quelques ingrédients pour réaliser cette œuvre. Le marbre exige un travail lent et minutieux, ce qui ouvre la voie à une observation longue et détaillée, une réflexion sur chaque ombre créée, sur chaque trait taillé, poussière par poussière. J’exagère, peut-être, mais je crois vraiment que la sculpture sur marbre donne une définition de pixels de très haute résolution, si on fait une métaphore numérique. Un écran ne peut donner qu’une idée approximative de la richesse de textures et des traces infiniment petites qui donnent vie à la pierre.

Nous souhaitons partager avec ceux qui suivent nos activités artistiques une courte vidéo de ce buste en marbre de Saint-Pons-de-Thomières, pierre française d’une beauté de nuances impressionnante. L’œuvre a trouvé sa place chez ce collectionneur éclectique de Paris.

Plus d’un siècle d’histoire de deux bâtiments industriels français (Muret et Saint-Paul-lès-Dax)

Photo partagée par Bernard Rondé-Oustau. Nous le remercions de nous avoir donné l’autorisation de la publier sur mon blog.

L’histoire d’un bâtiment, l’histoire du travail de plusieurs générations, la vie d’un organisme construit de briques, de poutres, de fer, dont le cœur tourne grâce à la force d’une rivière, dont le feu réchauffe le cœur, et qui respire de la fumée de sa grande cheminée. Il se nourrit de charbon et de marne (argile), et il crache des briques. Cet organisme construit à la fin du XIXe siècle est toujours debout. Un incendie a détruit cet être fabuleux, en 1957. Il ne lui restait que la peau et les os. De ses cendres, le phoenix s’est relevé. Ses murs sont de nouveau solides. Son toit a été reconstruit, et aujourd’hui il donne vie à de nouvelles activités : le cirque, le sport, la musique, la littérature et la sculpture. 
Cette histoire a été racontée par Bernard Rondé-Oustau, arrière-petit-fils d’un des fondateurs de la briqueterie, lors d’une conférence organisée par la Société du Patrimoine du Muretain. Avec son style à la fois élégant et cordial, Bernard nous a fait découvrir la saga des familles Rondé, Oustau et plus tard, Rondé-Oustau. 


Des fibres profondes dans mon inconscient réagissaient devant les images de ce beau bâtiment construit il y a plus d’un siècle. J’imaginais les ouvriers acharnés à le faire vivre, les dirigeants actifs mettant en œuvre leurs ressources d’imagination et leur volonté de fer pour ne jamais permettre à la machinerie de s’arrêter. Les enjeux d’une telle entreprise… J’ai pensé à ce que mes aïeux avaient construit à Saint-Paul-lès-Dax. Une énorme minoterie avec son moulin, son lac et son canal : « La famille Lartigue devient le maître des lieux et s’impose pendant plus d’une centaine d’années comme artisan du renouveau du moulin de Poustagnac. C’est une véritable dynastie qui s’est installée là. » On fabriquait la farine pour la consommation de la région, et un bon fromage, le fromage de Poustagnac. Aujourd’hui elle n’est plus active. Un restaurant moderne s’y est installé, avec une belle terrasse face au lac (cliquez pour voir la vidéo).


La demeure de mes aïeux dans les Landes

Peut-être le coup de foudre pour la briqueterie quand nous l’avons découverte à Muret il y a sept ans vient-il de cette mémoire familiale, inscrite dans mon ADN comme on dirait aujourd’hui. Nous espérons redonner vie avec nos œuvres à ce beau bâtiment. Nous serons toujours redevables à la famille Rondé-Oustau de nous avoir donné l’opportunité d’exercer notre activité artistique en nous accueillant sur son domaine. A notre arrivée, nous avons sans le savoir installé notre four (le Dragon) à la même place où se tenait le four de la forge. Le feu est de nouveau essentiel pour la fabrication, cette fois ce sont des sculptures. Nous avons passé des semaines à isoler les murs et le plafond contre le froid, à remettre en état les portes, les fenêtres… Dans l’espace de travail de la pierre, nous avons remis en service l’immense pont roulant, qui sert aujourd’hui à déplacer les marbres et les pierres calcaires.


La lumière inonde de nouveau l’intérieur du bâtiment. Le matin on entend les oiseaux. La vue sur les arbres, le calme de ce coin au milieu de la nature, l’immensité de cet espace, le murmure de la rivière, tout est idéal pour que la Poétesse puisse entrer dans son univers de mots et moi, dans celui des formes.                                                                                                                                        
Nous avons bien profité des derniers moments de cet hiver de vie sociale autorisée pour assister à la conférence de Bernard Rondé-Oustau. 

Dans la briqueterie Rondé-Oustau, l’atelier de pierre


Non, ce n’est pas à la suite de l’incendie de Notre-Dame

Le hasard fait des choses étranges : le lendemain de l’incendie de Notre-Dame nous étions à la fonderie en train de regarder le buste de Victor Hugo dans le feu. Clarisse, la personne qui s’occupe à la fonderie d’embellir le bronze avec de la cire, était en train de le patiner en noir, avec quelques touches de rouge, deux couleurs que Victor Hugo privilégiait dans ses œuvres.

Ce buste est né d’une commande. Un médecin sensible aux idéaux du poète a voulu transmettre à ses deux fils une représentation du visage de l’écrivain. Il constatait peut-être le vide que les nouvelles générations retrouvent autour d’elles dans le rythme du zapping et du superficiel. Il voulait leur transmettre des valeurs autour de la laïcité et des Droits de l’Homme. Victor Hugo se rendait compte à son époque du délabrement des monuments, symboles d’une grandeur qui s’effritait. Il a écrit un livre pour sauver Notre-Dame.

Une fois que le buste en terre a été réalisé, nous avons décidé d’en faire deux tirages en bronze. Il y a trois mois, nous avons apporté l’œuvre en terre à la fonderie, et quelques jours avant l’incendie, celle-ci nous a appelés pour la ciselure et la patine des deux bustes. Au moment de regarder Victor Hugo sous les flammes du chalumeau, nous ne pouvions pas éviter de penser à Notre-Dame en feu, la veille. Une envie très forte de participer à la reconstruction et à la sécurisation de nos monuments s’est mise à brûler en nous.

Les polémiques n’ont pas tardé à éclater : est-ce qu’un monument vaut plus qu’une personne dans la misère ? Comment se fait-il que des millions d’euros se mettent à circuler aussi rapidement quand il s’agit de vieilles pierres et qu’il n’y ait pas un sou pour les pauvres ? Pourquoi la planète entière réagit plus par rapport à un monument à Paris que devant l’incendie d’une bibliothèque d’un pays en développement, qui a vu disparaître dans les flammes des siècle d’histoire ?

Le système montre ses défauts, ses vices. L’inégalité explose aux yeux du monde entier. Une personne est capable de donner plus d’argent que tous les « gilets jaunes » réunis. Ou plutôt, plus d’argent que ce qu’ils voudraient, eux, recevoir. Oui, on voit que la richesse est mal distribuée. Le problème des Gilets jaunes est qu’ils voudraient avoir leur part des bénéfices d’une meilleure redistribution, pour consommer plus, quand au fond le problème est plutôt la mondialisation de la pauvreté : tout est mondialisé aujourd’hui, même la misère. Les pauvres d’autres époques vivaient loin. Aujourd’hui ils veulent une voiture aussi, et un portable. Et ils sont là, dans ce monde si petit, réuni grâce aux réseaux. Et ils nous voient, ils savent comment vivent les gens dans les pays riches. Et nous pourrions les voir aussi : tout est sur la Toile. Sur le Web. Les pauvres du monde entier veulent les maisons, les voitures, les téléphones, les voyages des riches. Mais les Gilets jaunes ne sont pas prêts à sacrifier leurs privilèges pour une justice mondialisée de la richesse.

Plein d’aspects différents de l’injustice planétaire se dévoilent suite à l’incendie d’un monument.

Et Victor Hugo voudrait sauver une deuxième fois Notre-Dame, sans oublier les misérables.

Notre position en tant qu’artistes est difficile : nous défendons la création, les réalisations qui existeront pendant des siècles. On appelle cela la culture. C’est ce qui reste quand les humains meurent. Nous mourrons tous au bout d’un siècle, grand maximum (sauf quelques résistants qui restent un peu plus). Une cathédrale a une vie plus longue. Un poème aussi. Des gens meurent pour donner forme à cette transcendance. Car c’est bien la forme qui compte ! Les mêmes pierres de Notre-Dame, si elles avaient été empilées dans la forme d’un gratte-ciel, n’auraient pas la même importance. Demandez aux gens de l’argent pour reconstruire les tours Jumelles de New York… très peu de fonds seraient réunis. La forme, la signification, n’est pas la même. C’est dans la forme que la création se manifeste. Le bloc de marbre qui a servi à Michel Ange pour réaliser son David a donné plus de sens, d’émerveillement, parfois d’extase, que la plus belle voiture jamais fabriquée. Chaque coup de ciseau est unique, inimitable, insurpassable. La voiture, elle, peut être reproduite à l’infini.

L’unicité de la forme donne sens à l’existence humaine. Malgré l’uniformisation des formes (les mêmes meubles, les mêmes marques de vêtements, les mêmes expériences narratives -les séries-, les mêmes voitures, etc.) nous cherchons toujours à nous démarquer des autres. On achète un objet qui sera différent : une toile, une sculpture, un élément décoratif… Nous savons intuitivement que seuless les choses uniques auront une vie plus longue.

Le résultat de cette recherche de construction de choses qui perdurent s’appelle le patrimoine. C’est ce que les artistes cherchent à réaliser. Quelque chose qui dure plus longtemps que la petite vie d’un humain. Et c’est là que la comparaison entre une cathédrale et une vie humaine est compliquée. Une cathédrale implique des millions de vies : tous ceux qui l’ont réalisée, tous ceux qui se sont battus pour la défendre, tous ceux qui y ont trouvé un sens pour leur vie, tous ceux qui en bénéficient indirectement (c’est grâce à des monuments comme Notre-Dame que Paris attire autant de monde). Et l’aspect symbolique : c’est le coeur de la France ! La voir en danger de disparaître dans les flammes était insupportable pour des millions de gens dans le monde entier. Combien ont pleuré devant cette scène terrible ?

Laissons l’injustice du système de côté pour un moment – comme on le fait en général, car ce système existe depuis des décennies. Soyons heureux de voir que Notre-Dame sera reconstruite. Et pour la justice : quand nous serons prêts à vivre comme la plupart des gens sur Terre, c’est à dire sans confort, quand nous serons prêts à sacrifier le nôtre, alors là, oui, nous pourrons nous battre pour le « pouvoir d’achat » de tous.

En attendant, nous devons continuer à créer. C’est une obligation. Auto-imposée. Actuellement nous sommes absorbés par plusieurs projets importants. Comme nous avons « perdu » deux mois de travail à cause de ma pneumonie (entre guillemets, car au fond nous en avons bien profité pour avancer dans d’autres domaines), nous sommes à fond dans le rattrapage de temps. Si je n’écris presque pas sur ce blog et si je ne vois presque personne, c’est que je me consacre entièrement à la sculpture sur pierre. Je vis sous la poussière, entre 10 à 15 heures par jour. Cela me fait retrouver mon énergie (la sculpture, pas la poussière) (mais j’aime bien aussi la poussière… après tout, on est poussière).

Inauguration école Simone Veil : témoignage de Daniel Spagnou, maire de Sisteron

Au salon des maires, dont je parlerai dans un prochain article, nous avons eu le plaisir de revoir Daniel Spagnou. Je partage son témoignage autour du médaillon de Simone Veil que nous avons réalisé pour une école de sa ville.

Christophe Castaner et Daniel Spagnou

Nous avons choisi de baptiser notre école primaire Simone Veil, en hommage à cette grande dame qui a fait notre Histoire.
Nous avons fait appel à Gérard Lartigue pour créer un médaillon qui serait installé sur la façade de l’école. Destiné à être vu d’en bas, il a été réalisé en tenant compte de la hauteur du regard. Le travail a été rapidement effectué et l’œuvre livrée soigneusement emballée. 
Le médaillon a été très apprécié lors de l’inauguration. Ce bas-reliefapporte vie et beauté à l’école. Une trace artistique reste là pour les générations futures.
Surtout, l’artiste a su retranscrire la personnalité préférée des Français à la tenue impeccable et au regard éblouissant. Christophe Castaner, présent pour l’inauguration (alors Secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement), a fait part de son appréciation de l’œuvre.
Cette œuvre d’art exprime ce que fut Simone Veil, à savoir dignité, droiture et courage, c’est-à-dire le meilleur de la France.
Nous avons apprécié l’excellent travail fourni par Gérard Lartigue, et sommes satisfaits d’avoir placé en lui notre confiance. 

Monument « La Noblesse dans le cœur » ​dédié à Jean d’Ormesson Bouches-du-Rhône, 2018

Témoignage de Laurent Marie, ​Directeur général des services, mairie de Ceyreste :

PhotoFrançoise d’Ormesson, Patrick Ghigonetto (maire de Ceyreste), Juliette Marne, Héloïse d’Ormesson et Gérard Lartigue

​« Notre école primaire en construction allait être la première en France à être baptisée Jean d’Ormesson. Pour donner à cet événement l’ampleur qu’il méritait, nous avons souhaité mettre en œuvre le dispositif du 1 % culturel.
Votre projet a remporté notre appel d’offres pour deux raisons : une réelle proposition artistique (la pyramide de livres chaotique, etc.) et la fidélité au modèle. Dès l’ébauche, vous avez su capter l’expression et les détails du visage de l’académicien. Votre projet, dans son ensemble, était déjà très abouti. C’était rassurant pour nous, car ce monument dédié à Jean d’Ormesson allait représenter un marqueur essentiel du mandat de l’équipe municipale.
En outre, nos contraintes étaient fortes, tant en termes techniques que de délai. Votre atelier a su relever ces défis. La communication avec vous était fluide et transparente, votre professionnalisme constant.
Au moment du dévoilement, nous étions dans l’expectative. Une telle commande, pour une municipalité, est un saut dans l’inconnu. Qu’allaient donner les volumes, la patine, etc. ?
L’aspect et le rendu de l’œuvre ont été nettement supérieurs à ce que nous pouvions espérer. Votre projet, dans son ensemble, a été salué, y compris par la famille de Jean d’Ormesson qui nous a fait l’honneur d’être présente à l’inauguration.
Le monument apporte une touche culturelle, esthétique et artistique qui valorise le groupe scolaire devant lequel il est installé. »

Pour lire l’article sur l’inauguration, cliquez ici


Pour découvrir d’autres témoignages autour de nos projets, cliquez ici

 

Que dirait Simone Veil de la forme que prend aujourd’hui sa lutte pour libérer la femme ?

Simone Veil a réussi à avancer dans une lutte importante : celle de donner aux femmes le droit de décider au sujet du destin de leur propre corps, ce qui nous semble évident de nos jours, mais qui était loin d’être le cas dans un passé pas si lointain. Pourtant, est-ce que sa lutte continue, et quelles formes prend-elle ? Est-ce que les humains sont vraiment libres aujourd’hui, libres de choisir le destin de leur corps ?

Je pense à toute une série de facteurs qui créent une dépendance ou une vulnérabilité et, donc, une distance avec la maîtrise de notre corps et de notre esprit : les drogues licites (anxiolytiques, antidépresseurs), les contraceptifs chimiques, les pratiques envahissantes du corps médical (traiter le corps comme un objet qui n’appartient pas à « son propriétaire »), le consumérisme qui devient souvent presque une obsession,  les jeux vidéos, la pornographie, les séries TV… etc. A-t-on vraiment le contrôle sur notre esprit et notre corps ?

C’est le fondement de la lutte de Simone Veil. Elle a connu la Shoah, un phénomène tragique durant lequel les humains ont été dépossédés de leur essence. Ils ont été traités comme des objets à détruire en les triant à partir d’un lien spirituel (leur religion). Une fois triés, ils ont été dénudés, marqués, torturés, et assassinés. Veil a connu cette ligne de démarcation qui marque un changement absolu dans l’évolution de la culture occidentale. Une société dite civilisée opte pour détruire toute une partie de sa communauté définie par ses croyances. La liberté de pensée disparaît tout à coup. Les nazis ont fait de toute une communauté, faisant partie d’une société développée, des bouts de chair à détruire. Leur qualité d’être humain a été niée.

Simone Veil a survécu. Elle a dû reconstruire sa nature humaine. Elle comprenait mieux que quiconque l’aspect sacré de la vie. Et comme base de cette vie, le corps et l’esprit ensemble, dans une totale indépendance par rapport au pouvoir. Mais aujourd’hui c’est l’individu qui veut mettre en avant son appartenance à une religion, qui veut marquer son corps avec des tatouages, qui veut le donner à la science de son vivant, qui refuse son propre destin et le met entre les mains d’un corps médical débordé, qui opte pour l’endormissement de son esprit, pour ne pas souffrir d’une anxiété qu’il ne comprend pas, qui préfère un dictateur (Trump) à une femme démocrate et forte (Clinton). L’exemple américain est parlant.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons reprendre la lutte de Simone Veil. C’est ce qui m’a poussé à réaliser son buste en pierre. J’ai pris un bloc de pierre d’Avy (pierre utilisée pour réaliser plusieurs œuvres romaines et gothiques qui se trouvent dans la ville de Saintes) et je me suis consacré les dernières semaines à imprégner ce vieux petit morceau de la planète de  la beauté de son visage. J’ai sculpté ses traits dans une pierre si vieille que le temps d’une vie n’est qu’une étincelle.

On peut observer sur la pierre des restes de coquilles qui datent d’il y a plusieurs millions d’années.

 

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