Inauguration à Mons, Belgique, du monument en hommage à Jacques Franeau

Comme promis, voici la vidéo pour partager avec vous tous un moment important de notre vie. Cet homme, un grand vulgarisateur de la science, humaniste et progressiste, a ouvert la porte de l’université de Mons à tous ceux qui n’auraient eu autrement accès à l’éducation supérieure. L’ancien Premier ministre de la Belgique, Elio Di Rupio, a fait partie de ceux-là. Si vous écoutez son discours, vous remarquerez une émotion sincère et une admiration sans faille envers le grand-père de notre ami Gaspard Franeau.

Comme pour tous nos projets en bronze, nous remercions spécialement Nicolas Parc, gérant de la Fonderie de Bronze Lauragaise et son équipe : Clarisse, Frédéric, Joffrey, Claude, Stéphane et Clément.

Pour le socle en granite du Sidobre, un grand merci à M. Chabbert, avec qui nous avons pu développer l’idée souhaitée par le commanditaire : une base qui sort de la terre en forme brute, rugueuse, pour petit à petit atteindre le degré de poli parfait qui représente l’évolution que l’homme impose à la matière.

Pendant ces deux ans du projet, une belle amitié est née avec Gaspard Franeau, qui s’est investi à fond dans cet hommage à son grand-père. Nous espérons avoir bien capté l’essence de ce grand homme.

Dans une époque où l’obscurantisme nous envahit subrepticement, parfois violemment, il est temps de chercher dans les paroles de tous ceux qui se sont battus pour l’ouverture d’esprit, une nouvelle sagesse qui nous sauvera.

 

Monument à Mons (Belgique) en l’honneur de Jacques Franeau

Invitation Jacques Franeau A5 projet A V4-1 Sculpteur Lartigue

Deux ans après notre premier contact avec Gaspard Franeau, le petit-fils de Jacques Franeau, homme de sciences, l’inauguration du monument en son honneur aura lieu à Mons, Belgique.

Nous partons bientôt pour une nouvelle aventure. Nos bagages : 750 kilos de granite du Sidobre (pour un socle spécial) et quelques dizaines de kilos de bronze pour le buste, coulé par la Fonderie de Bronze Lauragaise.

Ce projet a permis la naissance d’une amitié avec Gaspard Franeau et la découverte de l’univers scientifique de son grand-père, qui donnait une importance immense à la divulgation de son savoir.

Ce qui constitue la base d’une œuvre de cette envergure est la représentation de la personnalité de l’homme, que l’on perçoit chargée d’un poids historique. On devine dans son regard la conscience du caractère intemporel de l’image qu’il renvoie. C’est cela que le sculpteur doit imprimer dans la matière.

Rendez-vous dans moins de deux semaines pour les photos de l’œuvre et de l’inauguration.

« La science n’est en soi ni un bien ni un mal et n’a de sens que parce qu’elle est la source de connaissances objectives à la disposition des hommes.
C’est à eux de s’en servir pour le bien de tous. »
Jacques Franeau 

Une pensée pour Nelson Mandela

Aujourd’hui il fêterait ses 100 ans.

Il y a plus d’un an, j’ai écrit un petit article sur le buste que j’ai réalisé de lui. Je décris mon interprétation de ses traits, un mélange de sérénité et de volonté. Cet homme s’est battu pour la justice. Il a changé le monde malgré les obstacles qui continuent à empêcher une égalité des droits entre les êtres humains.  (cliquez ici pour lire mon article précédant)

Pour lire une lettre qu’il a écrit à sa fille de douze ans lorsqu’il était en prison, cliquez sur le lien : des lettres 

Inauguration du monument « La Noblesse dans le cœur » en hommage à Jean d’Ormesson

 

Nous sommes très contents d’avoir réalisé ce monument pour la mairie de Ceyreste. Ils nous ont reçus avec une grande cordialité. Grâce à la communication avec Laurent Marie, Directeur Général des Services, avec l’aval de Monsieur le Maire, communication tournée vers la créativité, toujours amicale et pleine d’humour, nous avons pu concevoir l’œuvre en prenant des risques, ce qui est rare pour ce genre de projet. Pour la base qui soutient le buste, nous avons été heureux de nous laisser aller vers une organisation chaotique des éléments. La conception de la pile de livres a évolué énormément au fil des mois.

À la Fonderie de Bronze Lauragaise, nous savons que nos projets peuvent atteindre un degré élevé de réalisation grâce à l’effort de tous. Merci Clarisse pour le choix de la base de la patine, qui correspond parfaitement bien à l’environnement du monument. J’en profite pour remercier Frédéric et Stéphane pour une ciselure incroyable et pour l’assemblage complexe des livres, Claude pour la préparation des pièces pour la coulée, Clément et Jeoffrey pour la cire, et bien sûr, Nicolas Parc qui a tenu en main toute la réalisation du bronze dans cette belle entreprise qu’il dirige.

Pour arriver à capter l’esprit de Jean d’Ormesson, j’ai travaillé depuis la première seconde avec la complicité de la Poétesse.

Monsieur le Maire et le Directeur Général des Services nous ont présenté Mesdames Françoise et Héloïse d’Ormesson, qui nous ont fait l’honneur de nous témoigner leur reconnaissance devant le monument consacré à leur époux et père respectivement.  Je voudrais les remercier d’avoir soutenu sincèrement le projet depuis le début.

Sur cette vidéo de 13600 TV on peut écouter au début (les 90 premières secondes) la voix de Jean d’Ormesson et une petite interview de sa veuve et de sa fille lors de l’inauguration. Pour voir la sculpture, au moment du dévoilement, on peut aller à la minute 2:30.

Bientôt je publierai le processus de création de l’œuvre, dès les premières ébauches jusqu’à la patine finale à la veille de l’inauguration. Ce monument a été réalisé dans un temps record. Même si je le dis chaque fois que je fais couler une œuvre à la Fonderie de Bronze Lauragaise, je le répète : ils ont fait un travail magnifique ! Les contraintes techniques ont été spécialement importantes : la sculpture pèse plus d’une demi-tonne. L’assemblage des livres, certains atteignant les 50 kg, a signifié une prouesse de soudure et de renforcement avec des tiges cachées en acier inoxydable. Le transport, la sortie de l’œuvre du véhicule et son placement sur la dalle de béton nous ont provoqué quelques frayeurs. Mais tout s’est déroulé impeccablement.

Quelques extraits de mon discours :

« Une sculpture de cette envergure implique un travail d’équipe… »

« …d’abord, la mairie de Ceyreste, qui est à L’INITIATIVE du projet. Monsieur le Maire et le Directeur Général des Services, accompagnés de leur équipe ont eu l’idée de placer l’art, à la fois la sculpture et la littérature, au CENTRE DE L’EDUCATION »

« …la Fonderie de Bronze Lauragaise (…) a accepté le DÉFI de réaliser une oeuvre si importante en très peu de temps, avec des DIFFICULTÉS MAJEURES »

« Quel est le POINT COMMUN entre tous les participants du projet ? Je pense que c’est une croyance profonde dans le fait que la FORME fait de la matière le RÉCEPTACLE de quelque chose qui nous DÉPASSE. Et qu’on peut appeler « beauté ». La forme est peut-être le PONT entre l’esprit et la matière. »  

« Voilà ce que cette sculpture représente : le LIEN que les humains cherchent depuis toujours entre leur PASSAGE temporel et matériel sur Terre et un ORDRE IMMATERIEL, qu’on appelle spirituel, qui nous dépasse tous ici présents. Nous sommes tous devenus, vous, la famille de l’écrivain, nos élus, les techniciens… tous !… nous sommes devenus L’OUTIL qui a permis que le regard de cet homme échappe au temps. »

« Jean d’Ormesson était déjà immortel grâce à ses mots ; à travers cette sculpture, il devient aussi immortel dans la matière. »

« Les enfants de cette école auront la sensation de connaître l’écrivain. Quand ils le liront, ils sauront qu’un regard pétillant et plein d’espoir est derrière chaque mot. »  

« Je voudrais finir par une petite anecdote : au moment d’assembler les derniers livres, on a entendu un bruit à l’intérieur de la sculpture. Quand on donnait un petit mouvement à la masse générale, un bruit de métal libre répondait. On s’est rendu compte que c’était le crayon de l’écrivain : la pointe du crayon touche à peine la feuille sur laquelle il écrit. Un petit MOUVEMENT IMPERCEPTIBLE crée un BRUIT METALLIQUE.  Pour nous, c’était la métaphore de l’écrivain qui continuera à écrire pour toujours. »

Surveillée par la gendarmerie, la sculpture de Jean d’Ormesson va dormir couchée dans la fourgonnette de la Fonderie de Bronze Lauragaise après un long trajet de sept heures d’un midi à un autre plus provençal. Il fera de beaux rêves au milieu d’un intense concert de cigales.

Demain matin c’est le jour de l’installation. La grue sera là. L’école élémentaire qui portera son nom vient d’être terminée. Une belle construction moderne et lumineuse en harmonie avec la nature qui l’entoure. Jusqu’à cet instant, tout s’est bien déroulé, dans un planning bien serré. Le moindre grain de sable dans l’engrenage aurait signifié un retard qui aurait provoqué l’annulation de l’inauguration.

Demain c’est la dernière étape : la sculpture de 520 kg sortira horizontalement du véhicule et se placera verticalement sur une dalle de 2 tonnes.

A suivre demain, le récit de l’installation…

 

Claude Nougaro trouve un foyer

En 2013 j’ai réalisé le buste de Claude Nougaro avec l’idée de représenter un personnage central de la vie culturelle de Toulouse. Cinq ans plus tard, nous avons été invités par Gladys Cazalot à la soirée de gala organisée par les Amis artistes de l’Oncopole, association qui récolte des fonds pour les familles des personnes malades de cancer et pour les soins de bien-être pour les malades (pour lire l’article sur l’exposition organisée par cette association, cliquez ici). Une vente aux enchères des œuvres reçues en donation allait avoir lieu. Le buste de Claude Nougaro en faisait partie.

Nous ne savions pas que les spectacle principaux de la soirée étaient un groupe de jazz, le Toubib Jazz Band, et une imitation de Nougaro par le chanteur du groupe Nous c’est Nougaro, Eric Alias, artiste multifacette, qui a eu la gentillesse de diriger l’attention du public vers le buste. Il a chanté Toulouse spécialement pour insuffler un peu d’énergie à la vente aux enchères. Il a réussi à réveiller le public, qui entre deux mets délicieux commençait à perdre allure (nous inclus).

La tension est toujours intense. Pour les artistes présents, c’est toujours angoissant, car leur but n’est pas de s’enrichir (la totalité de la vente est pour l’association), mais de contribuer à la cause, même de façon modeste. L’artiste aimerait en général voir son œuvre s’élever à des enchères mirobolantes, mais se contente d’une participation symbolique. Quand il n’y a pas d’acquéreur, c’est frustrant.

Heureusement pour le buste de Nougaro, les enchères sont montées plusieurs fois, ce qui nous a réjouis pour l’association. Nous remercions Eric Alias pour sa participation spontanée dans la présentation de l’œuvre, de même que Jean Luc Negro, artiste visuel qui a fait donation d’une sculpture en acier de Jacques Brel (les deux sculptures offertes à l’association célébraient des chanteurs sans qu’il y ait eu concertation). Jean Luc a aussi attiré l’attention du public sur mon travail, attitude généreuse entre artistes (plutôt rare).

Et bien sûr, merci à l’acheteur, qui en donnant un nouveau foyer à ce buste a aidé l’association, dont la présidente, Yanne Rebeschini, fait un travail important depuis trois ans.

 

claude nougaro - buste par Lartigue

Œuvre éphémère

Buste réalisé dans un stage à Paris. Ce buste n’existe plus. Je l’ai détruit. J’écrirai un autre article sur les causes de la destruction. Pour l’instant je lui donne une petite vie temporelle et virtuelle, ici.

 

 

Vidéo (une minute) du buste d’un rugbyman célèbre

Un monsieur fort gentil, au langage franc et sympathique, est venu voir la « maquette ». On appelle maquette la pièce présentée, mais en réalité, si on veut gagner un appel d’offres, il faut faire la sculpture définitive pour convaincre le commanditaire de la qualité de l’œuvre. Il nous a raconté que son village avait déjà commandé deux sculptures de ce rugbyman dans le passé, et que le résultat était bien au-dessous de leurs attentes. Il nous a montré les photos. Effectivement, l’œuvre était terriblement ratée. Deux fois.

Il a été convaincu par le buste que nous lui avons présenté, mais il nous a prévenus qu’il n’était pas le seul à décider. Le budget que la mairie proposait était tellement bas que, une fois la fonderie payée, le bénéfice était dérisoire . Nous avons accepté pour trois raisons : l’œuvre en argile était déjà réalisée, cela signifiait du travail pour la fonderie, et, finalement, le monument se trouverait à un endroit magnifique, face aux Pyrénées, à une étape importante du Tour de France.

Erreur. De toute façon, ils ont voté contre. Ils ont choisi une autre proposition moins chère qui serait réalisée à Bordeaux. Nous avons eu au téléphone le monsieur très sympathique et franc. Il était dépité.

C’est leur troisième sculpture de Robert Paparemborde. Peut-être que cette fois elle sera réussie. On le souhaite, surtout pour ce héros du sport qui mérite une bonne place dans la mémoire collective.

 

C’est le pari des appels d’offres. Un jeu intéressant, parfois truqué, parfois absurde, parfois injuste, souvent intense et passionnant, comme tous les jeux.

Voici la vidéo que nous avons présentée au conseil de cette mairie :

Buste rugbyman par Lartigue

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