Vacances à Paris

Se lever, promener les chiennes, prendre un café et un croissant dans une des meilleures boulangerie de la ville, écrire, lire, discuter, encore un café, marcher au moins dix kilomètres par jour, regarder la pluie, nager dans une piscine avec une terrasse au pied de la Tour Eiffel. Les touristes nous regardent surpris depuis le deuxième étage de la Tour avec les jumelles à 1 euro. Marcher de nouveau, se doucher, manger dans le jardin de la maison, lire, écrire, discuter, entendre le vent souffler les feuilles du palmier, promener les chiennes (trois ou quatre ou cinq fois par jour), prendre un dixième café, écrire, lire, discuter. Et le soir, ce que nous ne faisons jamais, regarder un grand écran (nous avons évité d’en avoir un à notre atelier). Des séries. Nous nous mettons au diapason de notre société « écranisée ». Lire, dormir.

« Je trouve bizarre ce rythme de vie », me dit la Poétesse.

« Il est intéressant, lui réponds-je. Et exceptionnel, je suppose. Peut-être même mérité. En tout cas, je crois que cela nous fera du bien pour reprendre notre rythme plus tard. »

Ces derniers mois, nous nous étions laissés glisser dans une vie sans « pause ». De 7 heures du matin jusqu’à très tard le soir nous n’avions pas une heure de repos. Et nous étions heureux de vivre à cette vitesse. Il le fallait. Une nouvelle étape s’annonçait depuis quelque temps. Il fallait la préparer.

« Tout peut changer d’une minute à l’autre de toute façon dans la vie. Autant profiter de ce qui se présente », j’ai ajouté en réfléchissant à voix haute, sans que cela soit bien lié à ce que nous disions. Je faisais allusion au fait de nous trouver tout à coup dans un endroit si beau en plein Paris pendant deux semaines. Inespéré. Et cela tombait pile au moment où nous avions besoin de tout arrêter pour nous reposer.

A l’atelier, je peux passer des jours sans croiser d’autres humains, sans entendre un seul moteur passer. Sans imaginer le mouvement de la société dans une ville. Loin de tout, bercés jour et nuit par notre petite chute d’eau de la rivière qui coule à côté de l’atelier, par les oiseaux. Le seul bruit est celui que produisent mes outils sur la pierre. Tout à coup, nous sommes immergés dans une des villes les plus touristiques de la planète, entourés de toutes les langues, toutes les modes, toutes les formes humaines. Et ça ne s’arrête pas, même la nuit.

Nous avons le temps de regarder Paris en profondeur, de nous arrêter devant des pierres taillées. Je dessine quelques motifs des façades. Dans « notre » arrondissement, le quinzième, on trouve une quantité impressionnante d’immeubles haussmanniens. L’ensemble me paraît harmonieux et élégant. J’observe surtout le travail sur la pierre, évidemment. Combien de sculpteurs et de tailleurs de pierre existaient à cette époque ?

Pour une fois, je poste un article qui ne tourne pas autour de notre travail. C’est un article estival. Bientôt la reprise de notre rythme effréné.

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