Chien en Bronze – le revenant

C’était un beau Braque hongrois, à l’air gentil. Madame N. nous avait parlé, quand elle était venue à l’atelier, de ses deux chiens, dont l’un était mort prématurément. Nous avions conclu que pour le portrait il s’agissait de celui qui était déjà dans le ciel des Braques.
Les photos de l’étape argile que nous avons envoyées, juste avant de le faire couler en bronze, ont été validées. Mme N. avait même exprimé de l’admiration pour le travail réalisé. 
Nous l’avons livré ce matin. La nouvelle propriétaire est venue le chercher accompagnée du… du modèle ! Bien vivant et en pleine santé ! C’était un choc pour moi de voir arriver le modèle après des semaines à l’imaginer statique sous terre. 
L’expression d’un animal, est plus difficile à percevoir : nous sommes habitués à décoder celle de notre espèce, mais nous ne captons pas en général toutes les subtilités des mouvement internes des animaux dont nous partageons la vie. Chez Fender, j’ai trouvé un regard légèrement inquiet, malgré sa douceur et son intensité.

Pour regarder la vidéo du processus de réalisation, cliquez sur ce lien.

Vernissage de l’Envol des Pionniers (Aéropostale)

Aujourd’hui c’est le vernissage de l’Envol des Pionniers de l’Aéropostale, un moment que nous attendons depuis deux ans. Les bustes sont installés. Le regard de ces hommes qui ont risqué leur vie pour faire voyager les mots se pose sur les murs refaits à neuf de leur ancien aérodrome, celui où ils ont commencé l’une des plus grandes aventures humaines : voler.

Ils attendent le public. Aujourd’hui leurs descendants seront présents. Il y aura les associations qui s’occupent de garder leur mémoire vivante, les élus de Toulouse et d’Occitanie, la presse… beaucoup de monde, sauf le public en général. Le public viendra après. Mais les bustes ne seront plus exposés. D’où notre silence : nous n’avons pas lancé d’invitation générale, car nous savions que les bustes seraient enlevés lors de l’ouverture au public. La raison invoquée par les organisateurs : la sécurité des œuvres. Je ne peux pas m’empêcher de me demander ce qui se passerait si tous les musées de France suivaient ce raisonnement : personne n’aurait le droit d’admirer aucune œuvre d’art. Le public a le droit, au contraire, de s’approcher des sculptures et des tableaux, dont la valeur peut atteindre des centaines de milliers d’euros. Et cela, sans barrières ni protections d’aucune sorte. Oui, le danger d’un accident ou d’un vol existe, mais il est relativement insignifiant. La preuve en est que nos musées comptent des millions de visiteurs par an et que les incidents sont très peu nombreux. 

Bref, notre exposition de bustes n’est pas ouverte au public. C’est ce qui explique notre faible « publicité »  autour de cet événement. Nous avons réussi à exposer onze bustes de ces héros qui ont changé l’Histoire : Latécoère, Massimi, Daurat, Deley, Vanier, Vachet, Rozès, Guillaumet, Mermoz, Saint-Exupéry, Bouilloux-Lafont. L’année prochaine ils seront installés de façon définitive dans une partie du musée encore en construction. Nous espérons qu’ils seront alors accessibles pour tous. 

Nous sommes fiers d’avoir eu l’occasion de contribuer à préserver leur mémoire en donnant un visage, ou plutôt, des visages, à cette aventure technologique, sociale, littéraire, philosophique, politique, magique… 

Dessin du Monument aux morts à Muret

Ce dimanche nous nous sommes levés avant 7 heures. Comme d’habitude. Nous démarrons la journée à la Place de la Paix, sur une terrasse de café, mon crayon électronique à la main. La Poétesse lit. Les habitués commencent à arriver malgré le ciel gris et l’obscurité pas encore dissipée. Isis dort à nos pieds. Je dessine en écoutant les discussions autour de nous. On a l’impression que les cafés reprennent vie depuis quelque temps.

Une journée de poussière de marbre m’attend. Je travaille sur un bloc de 450 kilos. 

La sculpture que je dessine a été réalisée par Jacques Labatut en 1921 pour commémorer l’Armistice du 11 novembre 1918. Une femme du peuple (une paysanne de l’époque) représente la France. Elle tient dans sa main un rameau d’olivier, symbole de la paix.

Aujourd’hui elle tiendrait à la place, peut-être, un smartphone, symbole du lien engendré par les réseaux sociaux. 

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