Étiquettes

Encore une fois, je suis confronté à une nouvelle forme d’étiquetage : depuis que j’ai reçu l’appareil pour respirer, j’entends autour de moi des témoignages, bien intentionnés, sur telle ou telle personne « déjà appareillée ». Je deviens une personne appareillée ! Il est vrai que peut-être je devrai porter toutes les nuits qui me restent de vie mon masque pour respirer, mais cela ne fait pas de moi quelqu’un d’appareillé ! La nuance est dans l’idée qu’on se fait de soi. Je me sens libre, complet, naturel, sain. Après, si c’est mieux d’utiliser l’appareil, je le ferai, mais cet acte ne change pas ma nature.
C’est comme les fumeurs ou pas fumeurs. Est-ce que je suis un fumeur ? Non, je suis quelqu’un qui fume quand je veux. Et si je ne veux pas je ne fume pas. Peut-être la différence se trouve dans la conscience du choix. Je choisis de fumer. Je ne suis pas dépendant de la fumée. Je choisis de mieux respirer, mais je me sens capable de vivre sans mon appareil.
Quand quelqu’un me demandait il y a longtemps : « tu fumes ? » , la question me surprenait parce que je me disais que la personne pouvait bien voir si j’avais ou pas une cigarette à la main. Si à cet instant-là, je ne fumais pas, je répondais : « Non, je ne fume pas ».
Toutes les étiquettes me semblent superflues. Végétarien ? On pourrait dire :  » j’ai décidé de ne pas manger de viande », sans se sentir obligé de se coller une étiquette sur le front. Français ? Pourquoi pas, mais le concept de nationalité est artificiel aussi.
À la limite, je suis artiste. Ma seule étiquette. J’aime bien cette étiquette. Elle est artificielle aussi, mais elle me convient. Artificielle, parce que je pourrais faire un jour de la philosophie ou de la métaphysique ou devenir ermite. Je préfère l’étiquette : humain. Tant que je reste en vie, je peux me définir comme ça : un humain. Après, je serai mort (étiquette définitive). Ou dit d’une autre façon : je ne serai pas. Ni vivant ni mort. Je n’aurai plus d’étiquettes. Ni de « je » .

Aujourd’hui, je suis un mouleur de Mariannes…

4 commentaires sur “Étiquettes

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  1. Au diable les étiquettes !
    Nous y succombons tous un jour ou l’autre et pourtant, rien ne m’apparaît plus antilibertaire. A quoi sert de ranger les gens dans des cases alors que nous savons bien que nous sommes tous humains.

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  2. Je pense que la vie, nous donne une étiquette, dès le départ !
    À notre naissance autour du poignet et à notre mort sur l’orteil !!
    Ensuite c’est dans notre parcours de vie, de côtoyer les bonnes personnes sans rentrer dans un formatage et pour autant de pas être un marginal !
    L’artsite lui-même à besoin de son intimité lors ds sa création, mais lorsqu’il aborde une discussion avec sa passion dont il a cette solitude qu’il le renforce, il se trouve confronté à sa propre vie :
    Comment vit-il?
    Est ce un Ermite?
    Boit-il?
    Fume t-il?
    L’humanité doit détailler chacun, afin de pouvoir le congratuler ou le bannir de son train vie sans pour autant l’aimer !
    On écoute, puis on reformule ?
    Ou on se t’ait en laissant à autrui de faire sa propre opinion !

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour et bonne année. Je suis appareillé en raison des apnées nocturnes qui peuvent causer une crise cardiaque fatale. Dormant seul c’est grâce à ma petite fille qui dormait exceptionnellement non loin de moi et que j’ai réveillée à maintes reprises que je l’aie appris. Quant on connait le décès dans son sommeil d’une personne très âgée, on pense que c’est la meilleure mort. On ne pense pas qu’elle puisse avoir vécu une crise cardiaque plus ou moins longue auparavant. Il faut garder le masque impérativement toutes les nuits 5h minimum. Quant au problème de l’étiquette, je n’y suis pas confronté. N’est-ce pas une idée que l’on se fait et dont il faut se libérer ? derechef: Bonne année … même avec un masque ! Et continuez vos chefs-d’oeuvres. C’est par les oeuvres que nous sommes immortels.

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    1. Oui, c’est vrai, on peut se libérer des étiquettes en les ignorant. Merci pour votre message. Je garde mon masque entre 6h et 7h par nuit. Et je suis d’accord avec vous : je n’aime pas l’idée de mourir dans mon sommeil 😉 . Bonne année pleine d’oxygène !

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