Ce jeudi 4 mai le sociologue et philosophe donnera une conférence à Toulouse

Quelques jours avant le jour fatidique où nous serons en danger de perdre notre démocratie, Edgar Morin « nous propose de prendre de la hauteur pour nous interroger sur les enjeux fondamentaux qui conditionnent notre avenir commun. La pensée complexe qu’il a élaborée depuis quarante ans dans son oeuvre majeure, La Méthode, nous invite à questionner nos manières de réfléchir, nos choix collectifs et à considérer qu’« à force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel.» »  (je cite les organisateurs de la conférence, qui citent Edgar Morin).

Buste de Edgar Morin par Lartigue 2

Edgar Morin, Amour, Poésie, Sagesse (1997) :

« N’oublions pas que cette bouche parle, et ce qu’il y a de très beau, c’est que les paroles d’amour sont suivies de silences d’amour. Notre visage permet donc de cristalliser en lui toutes les composantes de l’amour. »

Cette citation est idéale pour présenter son buste, qui sera présent lors de sa conférence. C’est notre façon de lui rendre hommage, de rendre hommage à l’ouverture d’esprit. Les portes risquent de se fermer ce dimanche. Ecoutons ceux qui ont consacré leur vie à donner des bases intellectuelles à notre liberté.

Nous arrivons peut-être à un point de non-retour ce dimanche. L’abstention semble être importante, ce qui mathématiquement provoquera que Le Pen gagne les élections. On suit le même chemin que les Américains : nous nous retrouverons avec une Trump au pouvoir.

Je vois comment nous nous dirigeons vers un mur, comment nous allons perdre nos libertés les plus chères et je ne vois pas de solution. L’Histoire se déroule sans nous en tant qu’individus.

Le système est à bout de souffle. Et ceux qui ne veulent pas participer au blocage contre Le Pen en s’abstenant de voter, souhaitent montrer qu’ils ne sont pas d’accord avec un système qui devient de plus en plus injuste, le système néolibéral. C’est l’occasion de montrer qu’ils ne veulent pas être complices de ce système qui écrase les plus faibles. Je comprends leurs arguments, mais c’est triste de voir le prix si cher à payer, celui de perdre notre liberté. Pour nous, en tant qu’artistes, c’est la catastrophe. Un régime dictatorial comme celui qui va peut-être arriver ce dimanche, est synonyme de silence obligé pour les artistes.

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