Maintenant que le buste d’Edgar Morin est terminé, on se prépare pour aller en ville. Sortir de l’atelier n’est pas évident : quitter ce bruit apaisant de la rivière et sa petite chute d’eau, échanger la vue des immenses troncs d’arbres qui dansent avec le vent pour le mouvement de ces boîtes métalliques qu’on appelle « voitures » et retrouver les humains en quantités non négligeables en train de se déplacer très vite comme s’ils étaient pressés (en fait ils doivent être pressés), tout cela implique un changement d’esprit pour réussir à courir à la même vitesse que les autres, et pour avoir l’air d’un citadin, ce qui veut dire fermer le champ visuel à ce qui se trouve sur le trottoir pour ne pas tomber, et raidir les tympans pour éviter l’entrée du vacarme urbain. On doit retrouver une expression de « j’aime les pavés » ou de « je m’en fiche du ciel bleu », et se fondre dans la masse.

Tout cet effort pour aller rencontrer une écrivaine que nous admirons, Marie NDiaye, à Ombres Blanches, Toulouse.

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