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La terre cuite est un matériau poreux. La cuisson à très haute température peut fermer les pores, car la surface commence à fondre et à devenir du verre. Mais le problème est que cela risque de changer la sculpture dans une direction pas prévue par l’artiste. Les volumes peuvent changer de façon hétérogène, selon les différentes épaisseurs de l’argile. La lumière se reflétera capricieusement et on se trouvera avec un visage inconnu. Si cela fait partie de la recherche de l’artiste, jouer avec l’accident, ou si l’oeuvre ne dépend pas d’une précision extrême, tout va bien, mais dans le cas contraire, cela signifie une catastrophe pour un buste qui était réussi quand la terre était crue. Les changements risquent d’avoir un effet sur l’expression, sur la ressemblance, sur les proportions… La solution est de cuire la pièce à une température moins élevée, avant que le processus de fonte se déclenche. Pour une terre qui peut cuire à 1300°, on peut baisser la température à 980°.

Le buste de Barbara a été cuit à basse température. Pour enlever la porosité de la surface, il a été patiné à l’encaustique (cire d’abeille + résine). Les lumières prennent une nouvelle vie. Une profondeur apparaît sur la surface. Le buste garde sa mélancolie, sa tristesse, sa douleur. Barbara a eu une vie dramatique. Les ombres doivent faire naître une lumière à la fois théâtrale et harmonieuse.

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