Une sculpture est avant tout un jeu avec la lumière et les ombres. L’écrivain travaille avec le sens des mots, pas avec les mots, sinon son œuvre serait intraduisible. Le sens est sa matière. Il construit une chaîne de réactions en touchant les profondeurs de l’être.

Le sculpteur travaille avec l’effet que la lumière, ou le manque de lumière (une ombre), produit chez l’observateur. Pas avec les volumes directement. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas penser en fonction des formes. Il faut étudier l’effet de la lumière. Par exemple, si on veut faire une main tendue, on doit essayer de créer le reflet que les tendons tendus tendent aux yeux du spectateur…  : on doit chercher la lumière des lignes droites que la main présente quand ses tendons sont sous tension. Et bien sûr, il faut analyser la lumière des doigts crispés. Les volumes arrivent après.

Dans ce buste d’une belle femme il fallait travailler avec des traits très bien dessinés, angulaires, aigus tout en gardant la douceur des courbes des joues. Un regard pénétrant, un brin féroce, mais avec la retenue d’une femme élégante. Sur les photos on peut voir le buste sous différentes lumières. Le changement est impressionnant. On travaille non seulement en faisant attention à la lumière que l’œuvre dégage, mais aussi en prenant en compte la lumière du jour : on doit placer la sculpture sous différents angles de lumière et à différentes heures de la journée.

Je voulais parler de la lumière, du volume et du mouvement. Pour le mouvement, je mets juste une photo d’Isis en train de se prendre un buisson dans la gueule. Et j’en parlerai dans un autre article (du mouvement, bien sûr ; de ma chienne je ne parle pas parce que je ne finirais jamais).