Cire pas encore perdue

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On part très tôt avec notre chienne et une bouteille Thermos bien remplie de café. Le passage à la boulangerie est obligé : quatre croissants. Pour échapper aux bouchons aux heures de pointe (à Toulouse les heures de pointe s’étendent de plus en plus, à tel point que les pointes vont bientôt se toucher, ne laissant point de temps sans affluence dans la journée), nous empruntons de petites routes qui passent par les coteaux. Le brouillard forme un océan doux et fantasmagorique. Au loin un château d’eau flotte comme un phare. Les couleurs sont opaques. Les sons, calfeutrés. On s’arrête pour boire notre café en plein brouillard. Le soleil arrive lentement. Une heure et demie de trajet nous permet de nous extasier devant des paysages majestueux.

À la fonderie, Alberto Giacometti nous attend. Il est en cire pour l’instant. Léger. À sa gauche il y a le « master« , la pièce originale en terre cuite, marquée par les restes d’élastomère. Parfois, quand le moule est retiré, la sculpture originale souffre quelques dégâts. Cette fois le master est en pleine forme. Un vrai master ! Il lui faut juste un nettoyage et il sera tout neuf. Dans ce cas, »master » est un bon terme : Giacometti était un vrai maître sculpteur.

Je retouche la pièce avec de la cire rouge.  Cela permet de voir les endroits déjà « réparés ». Giacometti m’observe avec empathie. Il connaît les difficultés du métier.

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