Jours de silence

Minuit.

Épuisé.

Après quelques jours d’incertitude, cette nuit je pense bien dormir. Tout va mille fois mieux depuis que la solution s’est montrée. J’écrirai un article sur le sujet. Pour l’instant,  les images d’un buste en processus et d’une fin de journée…

« Jusqu’ici tout va bien »

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Comme je disais hier, tout semble « normal », le quotidien est toujours là, sans aucun changement apparent. « Jusqu’ici, tout va bien », comme disait l’homme qui tombait d’un immeuble de 50 étages avant d’atteindre le sol, dans le film La Haine de Mathieu Kassovitz. Pourtant tout est différent depuis hier. Les possibilités de franchir encore une fois la ligne qui sépare ce qui est « normal » de ce qui est tragique, inacceptable, terrible, et tous les adjectifs qui décrivent l’horreur sont ouvertes. Le pays le plus puissant de la planète a mis au gouvernail un homme fou.

Le temps de retrouver du sens est arrivé. Vivre sans direction claire est devenu dangereux. Cet article semble drastique, mais je pense que nous vivons une période drastique. Pourtant je reste optimiste. L’Europe peut se réveiller. C’est le moment. Et dans tout cela, l’art a un rôle à jouer. Je n’ai aucune idée duquel, mais il deviendra évident dans les années à venir.

Je mets dans la page de mon journal de ce matin l’image d’une probable liberté guidant le peuple, un peu cassée…

Exposition à la Galerie de l’Echarpe, à Toulouse

Exposition à la galerie de l’Echarpe du mardi 6 au samedi 24 décembre. 

J’expose le buste No 4 de Rodin et trois bustes de jeunes filles. La galerie est en plein centre de Toulouse. Renseignements : http://galerie.echarpe.free.fr/

J’écris cette invitation à 3h du matin. Je n’arrive pas à dormir. L’Histoire pourrait changer de direction cette nuit. Les Américains sont en train d’élire leur président. Si Trump gagne, une période d’obscurité commence pour toute la planète. Pourtant, tout semble bien en ce moment. « Jusqu’ici, tout va bien », comme dans le film « La Haine » de Kassovitz.

Pour lire la suite :

https://lartiguesculpteur.com/2016/11/10/jusquici-tout-va-bien/

Quelle imagination !

L’imagination est-elle vraiment la source de la création artistique ? Combien de fois on entend dire que tel artiste a une imagination formidable ou : « moi, je ne pourrais pas réaliser ce tableau, je n’ai pas d’imagination ».

Le dictionnaire Larousse nous donne une définition de l’imagination : « Faculté de l’esprit d’évoquer, sous forme d’images mentales, des objets ou des faits connus par une perception, une expérience antérieure ».

C’est une erreur de croire que les artistes ont plus d’imagination que les autres. L’imagination est un processus simple : il suffit de fabriquer une image dans la tête est c’est tout. Tout le monde peut le faire.

On peut décortiquer la définition pour mieux comprendre le rôle de l’imagination dans la création artistique. Le secret est là : pour évoquer sous forme d’images mentales quelque chose, il faut passer par la perception ou par une expérience antérieure. Et c’est là que la différence se fait entre ceux qui s’y consacrent et les autres. Les artistes passent leur temps à développer leur perception, à vivre des expériences pour avoir un matériau de travail.

La fabrication des images est donc simple. Mais celle d’un artiste, s’il a appris à bien percevoir, à bien regarder, à bien « connaître » disons une main, ou un visage ou un paysage, à bien le sentir, à bien le découvrir dans ses moindres détails, sera bien plus complexe que celle de quelqu’un qui doit le synthétiser pour ne pas perdre de temps sur quelque chose qui ne lui sert pas à grand-chose. Si un artiste dessine une main, il saura (en principe) suivre chaque changement de ligne, chaque lumière, chaque ombre et on sentira que l’oeuvre a une force spéciale. Si un informaticien dessine une main, il risque d’oublier les tendons qu’on perçoit sous la peau…

Bref, c’est dans la perception que se joue la différence. Apprendre à percevoir le monde n’est pas facile. On a la tendance de faire le résumé le plus simple possible des choses pour ne pas perdre de temps à décrire chaque objet dont on parle : imaginez que pour dire « table » on soit obligé de dire : la planche en bois qui a quatre pieds de telle hauteur avec une surface lisse, de telle couleur, etc etc. On préfère dire « table »…

L’artiste, lui il préfère regarder l’objet et le dessiner avec la tasse de café dessus et la fumée de sa cigarette sous la lumière du soleil du matin. Et si on lui demande si ce qu’il a dessiné est une table, il dira : je ne suis pas sûr.

André Malraux – buste exposé à Ombres Blanches

« Le monde de l’art n’est pas celui de l’immortalité, c’est celui de la métamorphose. »

André Malraux/ Antimémoires

Le buste d’André Malraux est exposé dans la librairie Ombres Blanches, à Toulouse jusqu’à 2017.

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André Malraux

Cette citation de Malraux tombe bien : un des deux sujets gagnants dans la votation qui a eu lieu cette semaine dans  l’atelier est Métamorphose.

Métamorphose de la terre… peut-être du bronze ?

 

Deux dimensions

Journée longue et intense. Des moments mémorables, bien enrichissants. D’abord à la fonderie, où j’ai pu discuter « sculpture » avec un autre sculpteur avec qui je m’entends très bien, et qui m’apporte de bons conseils, et avec un autre artiste dans l’âme. Je parle rarement sans filtres, sans barrières pour protéger ma créativité, avec une certaine passion… j’ai pu le faire ce matin. Et j’ai reçu des compliments inattendus et touchants à propos de mon oeuvre. Le cadre, les personnes présentes, tout permettait de se sentir dans son élément. Discuter autour d’un morceau de boue, comme si c’était le centre de l’existence, c’est fort ! Un tas de terre. Belle matinée.

Il a fallu courir pour rentrer et préparer les deux bustes que nous allions exposer à Ombres Blanches, à Toulouse. Tout s’est bien passé. Nous nous sommes garés juste devant l’entrée de la salle d’expositions. Mais la présentation du livre de Marie NDiaye et de celui de son compagnon a été annulée. Le train qui les amenait à Toulouse s’est arrêté à Bordeaux. Un suicide sur les voies ferrées a empêché que ces deux auteurs qui venaient d’Allemagne (où ils habitent) arrivent. On se sent toujours coupable de regretter une annulation de ce style quand la raison est une vie qui s’éteint. Deux dimensions bien séparées.

Nous nous sommes mis à lire et à dessiner dans le café d’Ombres Blanches après avoir installé les bustes de Marie NDiaye (qui viendra alors en janvier) et de Malraux. Ils resteront exposés jusqu’à janvier.

Le dessin de ce soir :

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Deux bustes à Ombres Blanches

Marie NDiaye, une écrivaine magnifique (Trois Femmes puissantes, prix Goncourt), sera demain à la librairie Ombres Blanches à Toulouse, à 18h. Son buste sera exposé dans la salle de rencontre. Son compagnon Jean-Yves Cendrey sera également présent, tous deux présentent leurs nouveaux livres La Cheffe, roman d’une cuisinière pour elle et La France comme ma poche pour lui.

Depuis des années je vois son buste dans mon atelier, mais je n’avais pas eu l’occasion de la rencontrer. Je pourrai demain la dessiner et l’observer lors de la présentation de son nouveau livre, ce qui me permettra de réaliser un nouveau buste d’elle.

Il y a un an nous avions exposé Michel Houellebecq, Patrick Modiano et Marie NDiaye dans la vitrine d’Ombres Blanches et toute une série de bustes d’écrivains. Cette fois, il y aura le buste de cette écrivaine et celui d’André Malraux.

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Des taches bleues

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La lumière principale se trouve sur son sein droit. Pas définie, juste une tache arrondie du même bleu, mais plus clair. Pas de traits du visage, pas de doigts ni orteils… Le centre de ce dessin est à mon avis le contraste entre cette lumière du sein et l’ombre de sa cuisse gauche, encadré par quelques lignes moins floues comme celle du bras. Un dessin a plus de force quand l’oeil peut trouver facilement le centre d’intérêt, sans être distrait par une information inutile (dans le cas de cette position, où le mouvement est essentiel, à quoi nous servirait de voir les traits du visage ?).

C’est l’heure de préparer l’atelier. Aujourd’hui on va voter : les participants de l’atelier auront plusieurs mois pour réaliser une sculpture avec un thème commun qui sera choisi sur une liste de sujets proposés par eux.

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