Parler d’un chien ou d’une chienne dans un journal d’artiste pourrait sembler banal, mais je pense qu’on se trompe si l’on croit qu’il ou elle n’a pas un rôle important dans l’atelier. Ce n’est pas seulement un être qui accompagne l’artiste tout le temps, un être qui donne de la tendresse, de l’amour, capable d’une compréhension profonde, c’est aussi une source d’énergie.

L’artiste est censé avoir une fonction d’antenne. Il perçoit le monde et il transmet de façon codée cette information. L’oeuvre d’art est donc une codification de la réalité, prête à être décodée par l’observateur. Mais cette codification ne vient pas du cerveau de l’artiste, elle arrive par un autre canal de perception plus complexe. Quand l’antenne de l’artiste tombe en panne par excès d’angoisse ou par manque d’optimisme, le rôle du chien devient essentiel : il sert d’antenne alternative. L’artiste peut se reposer et utiliser l’antenne intégrée dans cet animal qui cache bien son jeu…

Je plaisante. Ce journal ne doit pas devenir un espace sérieux. Je veux laisser sur ce papier électronique les traces de mes pensées les plus absurdes aussi. Trier dans ces textes la part de vérité ne sera pas facile.

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