L’aigle noir

« De son bec, il a touché ma joue
Dans ma main, il a glissé son cou
C’est alors que je l’ai reconnu
Surgissant du passé
Il m’était revenu

Dis l’oiseau, O dis, emmène-moi
Retournons au pays d’autrefois
Comme avant, dans mes rêves d’enfant
Pour cueillir en tremblant
Des étoiles, des étoiles »
Paroles de L’aigle noir, de Barbara.
Le buste a été cuit à côté de celui de Florence Aubenas, dont je parlerai dans un prochain article.

Sous la peau

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Dessiner une personne qui veut apporter à ce monde des apparences sa part de vérité, sa contribution au monde par sa seule présence, qui partage ouvertement sa part de nature, puisqu’elle fait partie de la nature, son être sans barrières, sans calculs, sans déguisements, dessiner une telle personne est un privilège pour un artiste. C’est un moment de beauté. Le dessin résultant n’est pas important, mais l’enregistrement de ce moment est une richesse. Une sculpture peut naître à partir de ce partage.

La Vénus de Martres

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Il est toujours difficile de se détacher d’une œuvre qu’on considère faire partie de celles qu’on a le mieux réussies. Parmi les centaines de sculptures réalisées, il y a certaines qui accumulent une recherche de dizaines d’années. Parfois une œuvre est une expérience unique ou le produit d’un chemin qui ne va pas aboutir, ou le résultat d’une étape seulement. Parfois elle accumule plusieurs directions de recherche. La Vénus de Martres, mon interprétation de la vraie Vénus de Martres plutôt, me semble résumer toute une recherche autour de l’expression d’un visage. Même si elle est née à partir d’une autre sculpture, je sens avoir pu développer toute mon expérience comme « observateur des humains » (y compris moi-même, bien sûr) d’un côté, et de l’autre, ma perception de la perception d’un autre artiste. Je sens avoir réussi à m’approprier la perception de l’artiste qui a capté la beauté de la femme qui allait un jour être appelée « Vénus de Martres ». J’ai adapté sa perception à la mienne. La beauté de ce visage serait donc le mélange de deux perceptions. Une beauté à deux niveaux.

J’ai pris au sérieux l’idée de Sylvian Meschia de faire des bustes gallo-romains comme si j’étais dans la peau du sculpteur de l’époque, en sachant que ma propre expérience et ma conception de la beauté allaient s’y incruster. La Vénus « moderne » a perdu ce qui m’a semblé un brin masculin dans les traits de l’antique.

Malgré le manque de communication autour de mon travail dans cette exposition, j’ai eu des retours intéressants. Depuis le début j’ai appris que cette sculpture était susceptible de vivre sa propre vie : hier j’ai accepté de la laisser partir. Elle appartiendra à partir de 2017 à de nouvelles mains aussi créatrices que les miennes. Et j’en suis ravi.

« Jamais seule »

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L’interprétation de ce bronze peut varier entre plusieurs situations : s’agit-il d’une jeune femme évanouie soutenue par sa mère ? Ou de l’âme d’une jeune femme portée par un ange ? Est-elle plutôt malade ? En tout cas, j’ai voulu montrer la force qu’un être extérieur peut nous apporter dans une situation extrême. En le réalisant, j’ai imaginé une mère et sa fille, relation souvent très forte et belle.

Je me remets à sculpter. L’état de crise de la semaine dernière est résolu. J’ai reçu le soutien des autorités et tout s’est éclairci. Le danger est passé. Je tiens juste à laisser par écrit sur mon journal mon remerciement aux personnes qui m’ont aidé à résoudre ce problème. Elles se reconnaîtront.

« Jamais seule »

Sculpture en bronze, patine nuance bleu et blanc
Dimensions : H 59 cm x L 31 cm x P 36 cm
Poids : 24 kg

Jours de silence

Minuit.

Épuisé.

Après quelques jours d’incertitude, cette nuit je pense bien dormir. Tout va mille fois mieux depuis que la solution s’est montrée. J’écrirai un article sur le sujet. Pour l’instant,  les images d’un buste en processus et d’une fin de journée…

« Jusqu’ici tout va bien »

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Comme je disais hier, tout semble « normal », le quotidien est toujours là, sans aucun changement apparent. « Jusqu’ici, tout va bien », comme disait l’homme qui tombait d’un immeuble de 50 étages avant d’atteindre le sol, dans le film La Haine de Mathieu Kassovitz. Pourtant tout est différent depuis hier. Les possibilités de franchir encore une fois la ligne qui sépare ce qui est « normal » de ce qui est tragique, inacceptable, terrible, et tous les adjectifs qui décrivent l’horreur sont ouvertes. Le pays le plus puissant de la planète a mis au gouvernail un homme fou.

Le temps de retrouver du sens est arrivé. Vivre sans direction claire est devenu dangereux. Cet article semble drastique, mais je pense que nous vivons une période drastique. Pourtant je reste optimiste. L’Europe peut se réveiller. C’est le moment. Et dans tout cela, l’art a un rôle à jouer. Je n’ai aucune idée duquel, mais il deviendra évident dans les années à venir.

Je mets dans la page de mon journal de ce matin l’image d’une probable liberté guidant le peuple, un peu cassée…

Des taches bleues

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La lumière principale se trouve sur son sein droit. Pas définie, juste une tache arrondie du même bleu, mais plus clair. Pas de traits du visage, pas de doigts ni orteils… Le centre de ce dessin est à mon avis le contraste entre cette lumière du sein et l’ombre de sa cuisse gauche, encadré par quelques lignes moins floues comme celle du bras. Un dessin a plus de force quand l’oeil peut trouver facilement le centre d’intérêt, sans être distrait par une information inutile (dans le cas de cette position, où le mouvement est essentiel, à quoi nous servirait de voir les traits du visage ?).

C’est l’heure de préparer l’atelier. Aujourd’hui on va voter : les participants de l’atelier auront plusieurs mois pour réaliser une sculpture avec un thème commun qui sera choisi sur une liste de sujets proposés par eux.

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