Série de bustes de Rodin- version IV

Version plus classique du buste de Rodin. Pour bien arriver à une oeuvre déstructurée,originale, qui propose un style personnel, avec un langage différent,  il faut, à mon avis, passer par une compréhension totale de ce qu’on veut représenter. Si on fait par exemple un corps, il faut connaître la structure du squelette, le mouvement des membres, les tensions des muscles, la répartition du poids, les proportions, pour après partir sur une expression personnelle de tout cela une fois maîtrisé.

Et comme je le signalerai souvent dans mes articles, ce qui compte n’est pas de copier la réalité, mais de bien l’observer pour comprendre sa logique, son mystère, ses rythmes ou mélodies, sa cohérence. Une oeuvre comme celle-ci ne cherche pas à copier un visage, mais plutôt à analyser quels volumes, quelles lignes, quelles ombres ou lumières sont nécessaires pour amener dans la matière la forte personnalité de cet homme, l’intensité de son regard, son angoisse de passer à côté de la beauté d’un corps ou d’un visage. C’est la sculpture d’un sculpteur. Un miroir placé dans un temps différent.

Il y aura dix versions différentes dans cette série sur Auguste Rodin.

Si vous voulez comparer avec la version III, cliquez ici :

https://lartiguesculpteur.com/2016/10/17/lautomne-a-latelier/

Question à éviter : « Est-ce que vous vivez de votre art ? »

Nouvelle version de cet article sur un sujet qui apparaitra souvent dans ce blog :

On me demande parfois dans mes expositions, ou quand on me présente comme artiste si j’arrive à vivre de l’art. Dans la question, je devine une angoisse de la personne qui me la pose, probablement plus liée à sa propre vie qu’à la mienne. En fait, elle s’en fiche de la mienne, puisqu’elle ne me connaît pas. Ma réponse alors est la suivante : « Puisque je suis là, ça veut dire que j’arrive à en vivre, sinon je serais mort ». C’est une réponse absurde, mais il faut prendre en considération une chose : la question est aussi absurde.

Plus sérieusement, je comprends l’origine de la question. Au fond, la personne veut savoir si j’ai une autre activité pour gagner ma vie. Si c’était le cas, elle sentirait une confirmation de son idée qu’on ne peut pas se consacrer à ce qu’on aime, puisque ceux qui choisissent de suivre leur passion finissent par devoir travailler « comme tout le monde » !  Le fait qu’un artiste vive de son art met en conflit les personnes qui demandent aux artistes s’ils arrivent à vivre de leur art. Ce n’est pas qu’elles aimeraient être artistes, mais l’argument que même un artiste arrive à vivre « sans travailler » (c’est l’idée que beaucoup se font de l’art) implique que ces personnes auraient pu choisir un autre chemin.

Si je devais répondre à leur question sincèrement, je leur dirais : je survis je ne sais pas trop bien comment, mais je me consacre entièrement à l’art. Je travaille plus de 12h par jour. Je serais incapable de faire autre chose, et pas par manque de formation, car j’ai fait des études d’ingénieur et j’étais fort pour les maths et la physique, mais à cause d’une affaire très simple. Faire autre chose pendant quelques heures est un motif suffisant pour me déclencher une migraine assassine. Je n’ai donc pas d’option. Et contrairement à ce qu’on croit, la difficulté principale pour un sculpteur n’est pas la survie, qui est importante et parfois bien compliquée, bien sûr, mais plutôt l’indifférence que notre société peut montrer envers l’art. J’en parlerai dans un autre article.

Ou plutôt je leur répondrais : « Est-ce que je vous demande si votre grand-mère fait du vélo ? »… Non, ce n’est pas gentil. Plutôt : Oui. C’est tout. Je me garderais les difficultés que la vie d’artiste implique pour moi-même. Ou une autre réponse : l’art est une nécessité de toute société. Il faut des fous pour le faire. Ce n’est pas important si j’arrive à en vivre ou pas. L’important est de le faire.

C’est mon point de vue, mais je peux vous proposer d’autres points de vue en image  :

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Points de vue – concept et photo Lartigue

Dessin d’une Cariatide

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La délicatesse de la taille de ce modèle rend cette cariatide attirante : la force des taches se trouve concentré sur ce point de la feuille. Un poids énorme écrase cette femme assise de façon harmonieuse et sereine. Les lignes noires épaisses doivent aider à porter la masse géante qu’on imagine sur elle. Le mélange entre la délicatesse du corps et la force nécessaire pour que la composition soit stable rend le dessin plus sensuel. Il implique une temporalité. On doit profiter de la scène avant qu’elle disparaisse. C’est une beauté éphémère. Si on enlève le volume sur ses bras, la pose devient statique et moins intense.

 

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Source : Souscription

Giacometti ou la matière torturée

Dans cet hommage à Alberto Giacometti, j’ai essayé de garder le même esprit avec lequel il travaillait ses oeuvres : il s’acharnait sur la matière en l’utilisant comme une substance qui enregistre chaque mouvement de l’artiste. J’ai déjà parlé de cette capacité de l’argile à tout enregistrer, et du danger de lisser ce qui avait témoigné d’un instant important. Chez Giacometti ce sujet est central. Il garde chaque rajout de matière, chaque fente laissée par un couteau, chaque mouvement de l’argile humide qui dégouline ou qui s’aplatit par son propre poids. J’ai voulu montrer aussi la force de son visage pourvu d’une structure lourde et solide. Son regard distant mais intense. Sa bouche sérieuse, entourée de rides qui dénotent une tendance à sourire avec malice.

Buste en bronze. Hauteur : 63 cm

« Femme sans racines »

Sculpture à la tronçonneuse et poème de Juliette Marne

« La statue sarcophage »

 

« Suspendue telle une damnée
À un fil non électrique
La statue de bois lardée
De tes coups ésotériques
Ô grand homme qui dépèces
Un grand tronc qui pèse une tonne
La tronçonneuse façonne
La prisonnière frissonne
Tu voudrais lui donner vie
À ce bout de bois coupé
Tentatives détachées
Perspectives au poing levé
Mais la femme qu’il y a dedans 
Refuse de se laisser faire
Elle se resserre par-devant
Tu la découpes par-derrière
Dans le vide enchaînée
Elle oscille en sablier
Tu la saisis, elle est née
Grande aiguille du temps déliée
Sur le tronc sec et vivant
Deux seins hyperréalistes
C’est la Belle au Bois Levant
Aux cernes comptés comme supplice
Le marbre brun de ses pointes
Enjoint de les caresser 
Et plus bas les jambes jointes
Le V d’un oiseau blessé
Cette fille Fayoum charmée
Au corps duveteux se donne
Mais la tête aux yeux fermés
Sous le capuchon fredonne
Prise en un songe égyptien
Un sarcophage de bois peint
Elle écoule un verbe ancien
Sa chair tranchée vaut du pain
La sculpture est achevée
Une tendinite te lance
Son secret est conservé
Dans l’aubier d’un orme de France »

Juliette Marne

Information codée sur l’argile

L’équilibre est difficile : avancer sans trop défaire les traces fraîches chargées de signification. Ne me demandez pas quelle signification, mais chaque coup d’un outil ou d’un geste de la main sur l’argile est susceptible de refléter un élément inconscient de la personnalité de l’artiste, comme le ferait une signature. Sur une expertise en écriture il y a une quantité importante d’information sur l’auteur d’un texte. L’argile est un matériau qui enregistre de façon très sensible les traces qu’on laisse sur elle. On peut même laisser une empreinte digitale. Bref, le travail de finition est dangereux, il peut enlever des secrets codés dans l’argile…

Quelques retouches de plus, et j’arrête. La patience du modèle est infinie, mais je ne dois pas exagérer. Ce soir un Mont d’Or fondu et la journée sera finie… euh… le Mont d’or est pour dimanche, mais j’anticipe 🙂

Cours de sculpture près de Toulouse

ArtStage.fr Cours et stages d'art

Il y a une place libre dans le créneau du samedi matin à l’atelier La Forge dans l’ancienne briqueterie de Muret (31600).

sculpteur-lartigue-et-buste-rr1Les deux autres créneaux sont complets.

Renseignements : cliquez sur l’image « Cours et Stages ».

L’automne à l’atelier

 

Le rouge de ces feuilles m’a frappé ce matin quand je suis sorti fumer un cigare à côté de la rivière, accompagné d’Isis. Journée grise, idéale pour travailler. Aujourd’hui je sculpterai le buste de Barbara, en essayant d’imprimer sa beauté tragique. Elle fera contraste avec ce buste de Rodin qui dégage la force brute d’un monstre créateur.

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